ActualitéNgounié

Gabon/Massima : les populations consultées sur le projet d’exploitation aurifère de Managem Gabon

0

MASSIMA, 19 septembre 2026 (AGP) – La société Managem Gabon et son partenaire SGG, par l’intermédiaire du cabinet Sequen, ont organisé vendredi, au village Massima, dans le district d’Étéké (département de l’Ogoulou au sud du Gabon), la deuxième journée de consultation publique relative au projet d’exploitation aurifère à petite échelle couvert par le permis G4‑911 en présence des représentants des administrations de l’Environnement et des Mines, ainsi que des autorités administratives et locales, a constaté l’Agence gabonaise de presse.

Présidée par le gouverneur de la Ngounié, Francis Oyinamono, cette consultation intervient à la suite de la demande d’autorisation introduite par l’opérateur auprès de l’administration de l’Environnement. Conformément aux articles 30 et 38 du Code de l’environnement gabonais et à l’arrêté n°107, une mission d’évaluation a été diligentée en vue de la réalisation d’une Étude d’impact environnemental et social (EIES).

Selon le représentant de l’administration de l’Environnement, Paul‑Simon Loundou, cette consultation fait suite à une visite du site et à une réunion de cadrage. Elle vise notamment à présenter aux communautés l’objet du projet, les techniques et méthodes d’exploitation, les impacts environnementaux et sociaux identifiés, ainsi que les mesures d’atténuation envisagées.

« Au terme de l’évaluation, il y aura un document qui lie l’administration et l’opérateur et qui permet de faire le suivi : le Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) », a‑t‑il expliqué.

Les préoccupations exprimées par les populations seront consignées dans un procès‑verbal destiné à structurer le volet social de l’étude.Pour sa part, le directeur de l’exploitation des mines à petite échelle, représentant le ministère des Mines, Gervais Nsi Ovono, a rappelé que le projet s’inscrit dans le cadre de la réouverture encadrée des activités minières à petite échelle, après leur suspension, à la faveur d’une dérogation spéciale. Il a précisé que l’autorisation définitive demeure conditionnée par la délivrance d’un certificat de conformité environnementale, après validation de l’EIES à Libreville.

M. Nsi Ovono a également rappelé les retombées prévues par le Code minier, notamment en son titre III (articles 56 à 69), à travers le Fonds de développement des communautés locales (FDCL), alimenté par les taxes prélevées auprès de l’opérateur.Au cours des échanges, les populations ont particulièrement soulevé la question de l’indemnisation des personnes affectées par le projet, plaidé pour une meilleure protection de l’environnement, un accompagnement socio‑économique et l’emploi des jeunes.

Des travailleurs locaux employés en sous‑traitance ont, pour leur part, dénoncé des conditions de travail qu’ils jugent précaires. « On travaille avec les Chinois, mais il n’y a pas vraiment de bon salaire. 180.000 FCFA à la fin de chaque mois », a témoigné l’un d’eux. Il a également déploré l’absence de contrats de travail et des horaires qu’il estime excessifs, allant, selon lui, de 6h30 à minuit.

La population du village Massima prennant à la consultation publique relative au projet d’exploitation minière alluvionnaire.

Les femmes du village ont exprimé leurs inquiétudes concernant la qualité de l’eau des rivières. Munie d’un seau contenant de l’eau boueuse, une habitante a affirmé : « C’est l’eau sale de là où les Chinois travaillent. Avant, on lavait les assiettes, l’eau était propre. Depuis leur arrivée en juin, l’eau est devenue comme ça. » Elles ont sollicité l’installation de pompes hydrauliques dans les différents quartiers de Massima. « Massima compte sept quartiers. Nous voulons au moins une pompe par quartier », a‑t‑elle ajouté.

La destruction des plantations figure également parmi les préoccupations exprimées. « Nos mamans se plaignent. Leurs champs sont dévastés. Jusqu’à aujourd’hui, aucune maman n’a été dédommagée pour sa plantation », a déploré Stéphane, un autochtone du village.

Les orpailleurs artisanaux ont, eux aussi, demandé une délimitation claire des zones d’exploitation. Originaire de Mobiro, Manza Fernan César a notamment plaidé pour la préservation des espaces réservés à l’exploitation artisanale de l’or alluvionnaire.

En attendant la validation de l’EIES et la délivrance du certificat de conformité environnementale, l’administration a assuré que l’ensemble des préoccupations consignées dans le procès‑verbal sera pris en compte dans le Plan de gestion environnementale et sociale, afin de favoriser la mise en œuvre du projet dans un climat de sérénité.

LLKK/FSS/FE/CBM/AGP

Afrique australe : Afreximbank et la DBSA unissent leurs moyens pour des projets bancables

Article suivant

Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Actualité