Économie

Gabon/Entrepreneuriat : les Gabonais reconquièrent les métiers de proximité

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LIBREVILLE, 15 septembre 2026 (AGP) – Les Gabonais reconquièrent progressivement les métiers de proximité, un an après la mesure prise en Conseil des ministres du 12 août 2025 réservant certains « petits métiers » aux nationaux, une dynamique qui se traduit par l’arrivée de nouveaux acteurs dans les secteurs de l’esthétique, de la vente, de la transformation des produits locaux, des stations‑service et des petits commerces, malgré des obstacles qui freinent encore l’essor de ces activités. Décryptage. 

Cette réforme gouvernementale visait d’abord à sortir ces « petits métiers » du secteur informel, qui représenterait entre 35 % et 50 % du PIB, et à encourager les jeunes à se tourner vers l’entrepreneuriat plutôt que vers la recherche systématique d’un emploi administratif. Elle entend également redonner aux Gabonais des métiers de service qu’ils exerçaient avant le boom pétrolier des années 1970.

Depuis lors, le ministère des PME‑PMI et de l’Entrepreneuriat a lancé des formations en coiffure, onglerie, couture, cordonnerie, vente et gestion d’épicerie, accueillant des cohortes de 300 à 400 personnes. Une cartographie des vendeurs de lubrifiants a aussi été réalisée pour préparer le programme Jeunes Ambassadeurs GAB‑LUB. Le ministère du Pétrole a, de son côté, étendu la préférence nationale aux emplois des stations‑service et au transport de produits pétroliers, ouvrant 900 postes de pompistes et de chauffeurs de camions‑citernes.

Dans le secteur agricole, la fin de l’exportation des poulets de chair a conduit à l’accompagnement de 150 fermes avicoles pour renforcer l’autosuffisance. Le Plan technique des systèmes alimentaires (PTSA) vise également à enrôler des jeunes dans les métiers agricoles afin de lutter contre le chômage et l’exode rural.

L’engouement est visible dans le projet Taxi Gab+, qui compte déjà 1 066 véhicules remis, avec un objectif de 10 000 taxis d’ici 2032. Plusieurs jeunes se reconvertissent aussi comme pompistes chez Gab’Oil et PetroGabon. Dans la transformation des produits locaux, 56 femmes ont été formées à Lambaréné, tandis que d’autres initiatives émergent dans la Ngounié et la Nyanga. Des entrepreneures comme Miss Malobi, Grâce Nkum ou Alene Valeine témoignent de l’intérêt croissant pour ces métiers.

Quelques actions gouvernementales.

Malgré ces avancées, les entrepreneurs se heurtent au coût élevé de la documentation. Selon Alain Edzang, propriétaire d’épicerie et formateur, il faut dépenser près de 300 000 FCFA pour être en règle auprès des administrations concernées. Il suggère un abattement de six mois pour permettre aux jeunes de démarrer avec un fonds de roulement souvent limité à 500 000 FCFA. L’accès au financement reste également difficile, faute de garanties suffisantes pour solliciter un crédit auprès de la BCEG.

L’approvisionnement constitue une autre contrainte : les Gabonais ne sont pas grossistes et doivent acheter leurs produits au prix du marché. Certains fournisseurs exigent des dépôts de 20 millions de FCFA pour l’ouverture de comptes. À cela s’ajoutent des difficultés d’accompagnement technique, malgré la présence de quelques agents soucieux de soutenir les entrepreneurs nationaux.

CM/MIM/CBM/AGP

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