LIBREVILLE, 25 août 2026 (AGP) – L’ancien député Bonaventure *Nzigou Manfoumbi* a salué le discours à la Nation du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, prononcé le 16 août dernier à la veille de la célébration de la Fête de l’Indépendance. Il a, dans le même temps, appelé les Gabonais à privilégier un débat politique fondé sur les actes, les résultats et des propositions constructives. Lecture.
Agence Gabonaise de Presse : Quelle appréciation faites-vous du discours du chef de l’État ?
Bonaventure Nzigou Manfoumbi : “Il faut saluer le discours du chef de l’État, placé sous le signe de la vérité, de la responsabilité et de l’engagement en faveur du développement du Gabon.
Plutôt que de formuler les promesses habituelles, le président de la République a choisi de rappeler les réalisations déjà accomplies avant de présenter de nouvelles orientations. Cette démarche concrète et cohérente témoigne de sa volonté de bâtir un nouveau Gabon.”
Quelle lecture faites-vous de la dimension internationale de ce discours ?
“Sur le plan international, ce discours confirme le leadership du Gabon et l’importance d’une diplomatie ouverte sur le monde.
Les partenariats noués doivent contribuer au développement économique, social et culturel du pays. Le Gabon ne peut pas vivre en vase clos : il doit tirer pleinement parti de ses relations avec ses partenaires internationaux.”
Quelles solutions préconisez-vous pour favoriser la création d’emplois ?
“La création d’emplois repose sur une économie solide, une formation adaptée aux besoins du marché et le développement des entreprises.
Il ne s’agit pas de former pour former, mais de préparer des cadres capables de trouver un emploi localement. La création de PME et le développement de microprojets doivent également permettre d’accompagner les jeunes et de renforcer notre souveraineté.
Je soutiens également l’actionnariat salarié, qui permettrait aux travailleurs de devenir copropriétaires de leur entreprise. Un climat social serein favorise l’investissement, la croissance et la création d’emplois.”
Comment parvenir à un développement équilibré des provinces ?
“Les investissements ne doivent pas être concentrés à Libreville. Il faut développer les activités économiques dans l’ensemble des provinces afin que les populations puissent travailler et vivre dans leurs localités.
Nos ressources doivent être transformées sur place. S’il y a du manganèse à Tanga, par exemple, il faut y implanter des unités de transformation. Cette politique contribuerait à réduire l’exode rural, à créer des revenus et à favoriser le développement local.”
Quelle réforme fiscale et institutionnelle vous paraît nécessaire ?
“La fiscalité doit également être réformée. Une pression excessive étouffe les entreprises, limite l’investissement et freine la création d’emplois.
Il faut clarifier les compétences des administrations, la nature des prélèvements et les responsabilités de chacun. La décentralisation doit aussi être renforcée, en accordant davantage de marges de manœuvre aux collectivités et en appliquant effectivement la péréquation. Une partie des impôts collectés au niveau national doit bénéficier aux territoires.”
Que signifie pour vous la souveraineté économique ?
“La souveraineté doit également être économique. Nous avons acquis l’indépendance politique, mais notre économie demeure trop dépendante de l’extérieur.
Il faut produire davantage, transformer nos matières premières et créer localement de la valeur ajoutée. C’est à cette condition que nous parviendrons à une véritable autonomie.”
Quelles sont les priorités en matière d’infrastructures ?
“Je retiens trois priorités : les routes, l’énergie et l’eau. Il n’y a pas d’économie sans routes. Il n’y a pas non plus d’économie sans énergie. Les coupures d’électricité empêchent les usines de fonctionner, tandis que l’accès à l’eau est indispensable aux activités économiques.
Des routes praticables toute l’année faciliteraient la circulation des populations et l’acheminement des productions. Plusieurs chantiers sont déjà engagés et contribuent progressivement au désenclavement des départements.”
Les réalisations engagées peuvent-elles influencer le choix des électeurs ?
“Un peuple responsable doit voter sur la base des résultats et du bilan de l’action publique. Les investissements réalisés dans les routes, les infrastructures et les bâtiments sont visibles dans plusieurs régions.
Libreville change également de visage. Ces réalisations constituent un facteur important de cohésion et d’adhésion nationales. Les Gabonais peuvent ainsi apprécier le bilan à mi-parcours du président de la République.”
Quel message adressez-vous aux acteurs politiques et aux Gabonais ?
“Nous devons accompagner le président de la République et l’encourager à aller plus loin. Un responsable politique doit être jugé sur ses actes, et non sur son nom ou son apparence.
Les insultes et les invectives n’apportent rien au débat public. La critique doit s’accompagner de propositions. La liberté d’expression ne signifie pas le désordre. La politique n’est pas l’anarchie.
Il faut respecter les institutions et recourir aux mécanismes prévus par la loi en cas d’infraction. Tout n’est pas parfait, mais une dynamique positive est engagée. Elle doit être encouragée afin de produire davantage de résultats.
Mon message aux Gabonais est simple : privilégions le respect, la responsabilité, les propositions et les actes. À l’image de l’engagement porté par le chef de l’État, l’impolitesse et les insultes ne contribuent pas au développement du pays.”
Propos recueillis par DFM/TYM/FE/FSS/AGP











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