LIBREVILLE, 21 mars 2026 (AGP) – L’ancien président du Comité de normalisation (avril 2013-mars 2014) à la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), a évoqué plusieurs sujets d’actualités, notamment la désignation du sélectionneur national, le démarrage du National Foot, le manque de structuration du football amateur, non sans éluder la prochaine élection du 18 avril pour la présidence de la première fédération sportive du pays, au cours de l’entretien accordé ce samedi à l’Agence gabonaise de presse.
AGP : La dernière participation du Gabon à la Coupe d’Afrique des nations de football au Maroc s’est soldée par une élimination dès le premier tour. Comment avez-vous vécu cela vous qui étiez sur place ? Et quels enseignements avez-vous tiré de cette énième désillusion de notre football sur la scène continentale?
Dieudonné Ndoumbou : ” Tout était réuni en termes de circonstances négatives pour arriver à ce résultat amer.
Entre le problème de l’équipementier et le président fédéral qui accuse son staff technique au sujet des maillots, l’absence de matches amicaux, la suspension du coach principal, la vraie fausse sélection de Mboula et la méforme de nos joueurs majeurs qui revenaient de blessure ….C’était presque une évidence d’arriver à cette élimination précoce. Faire 10.000 km entre la Chine et le Maroc pour vivre une humiliation pareille, je pense que c’était ma dernière CAN”.
Le Gabon devait connaître l’identité de son nouveau Sélectionneur national le 28 février dernier si l’on s’en tient au chronogramme établi par la Fédération gabonaise de football. Au final, le Gabonais Anicet Yala a été nommé Sélectionneur national par intérim, qu’est-ce qui selon vous pourrait expliquer cette situation ?
“Le Comité de normalisation avait été en 2013 le premier à mettre en place une commission comme celle du Comité exécutif actuel, mais pour nous à l’époque nous avons exigé que sur les trois noms à proposer aux autorités ministérielles, il fallait nécessairement la présence d’un entraîneur national au sein de ce casting.
Quand je vois les noms publiés par la FEGAFOOT, je suis très déçu, comparés à ces 3 candidats, je pense qu’il y a quelques gabonais qui auraient pu faire l’affaire. Il se pourrait que le ministre des sports ne soit pas convaincu par les états de service de ces trois préposés, dans ce cas il faudra un nouveau casting. Il vaut mieux prendre le temps qu’il faut pour éviter de tomber dans un mauvais choix. Je souhaite par ailleurs bonne chance à Anicet Yala pour sa période d’intérim.”
Le championnat national de première division a été lancé dernièrement après neuf mois d’absence. Comment avez-vous accueilli cette reprise ? Et quelles sont vos attentes pour la suite?
“Ce modèle de financement est à revoir, ça ne peut pas continuer ainsi. Il faut que le nouveau ministre ait le courage de restructurer ce championnat, vu les énormes sommes d’argent ponctionnées dans les poches du contribuable.Il serait temps de revoir tout, sans forcément passer par un forum, séminaire ou autre foire de parlotes. Le ministre doit mettre en place un comité de réflexion restreint pour conduire cette réforme. Le ministre et son cabinet ont l’obligation dans cette nouvelle Ve république de restructurer ces compétitions afin que nous puissions rattraper le retard continental. Je reste convaincu que des solutions pérennes existent pour éviter ce spectacle par intermittence avec des acteurs principaux ( joueurs et entraîneurs) précarisés.”
On vous sait très engagé pour ce qui est de la promotion du football amateur, sauf qu’on a l’impression que cette filière semble de moins en moins être mise en avant pour ce qui est de sa structuration. Qu’est-ce qui coince à ce niveau selon vous ?
“De mon point de vue , nos dirigeants fédéraux ne sont pas préoccupés par le développement du football dans notre pays. Nous avons affaire à des dirigeants bricoleurs ou plutôt préoccupés par l’argent du football que par le football lui-même. Car comment comprendre qu’avec 5 ou 10 fois plus de moyens financiers que Placide Engandzas ou Léon Ababe, le groupe Mounguengui ne puisse innover surtout dans le domaine du football des jeunes? Les mêmes tournois organisés depuis Mathusalem par les anciens présidents fédéraux continuent avec comme résultat, de nombreux échecs. Depuis 2013 et la CAN U19 en Algérie , le Gabon n’a plus jamais réussi à qualifier une sélection des jeunes. C’est triste!”
On connaît depuis quelques jours, en attendant la validation de la Commission électorale, l’identité des candidats à l’élection pour la présidence de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot). En tant qu’ancien président du Comité de normalisation à la Fégafoot et candidat, comment percevez-vous cette future élection ?
“Tout est réuni pour perpétuer le règne d’un président qui depuis 2014 a prouvé ses limites avec les nombreux échecs.
Il vous souviendra que c’est à cause de la modification des statuts et du code électoral moins d’un an avant l’élection que la victoire de Jean de Dieu Moukagni ( paix à son âme ) avait été annulée. C’est l’argument juridique qu’avait utilisé la FIFA pour annuler l’élection de Mars 2013 au stade de l’Amitié Sino-gabonaise et mettre en place un Comité de normalisation.
Toutes les élections organisées par cette fédération sont des forfaitures. La preuve, la victoire au TAS de l’ancien candidat Paul Kessany.Si tous les autres candidats des ligues provinciales avaient eu les mêmes moyens financiers et juridiques, toutes les élections des ligues auraient été annulées par le TAS. Dans la modification du code électoral moins d’un an avant le congrès électif, ils ont introduit le système de parrainage. Pour qu’une candidature soit retenue, il faut réunir 7 parrainages des membres du congrès de la Fegafoot, lesdits membres dont je vous ai parlé plus haut.Sur tous les parrainages possibles, ils en ont coopté la quasi-totalité. Ne donnant ainsi aucune possibilité aux autres candidatures de regrouper 7 parrainages. Vous pouvez deviner la suite. Aucune autre candidature ne sera validée et il sera le candidat unique.”
Le Jury d’Appel de la CAF a décidé de déclarer le Maroc vainqueur de la CAN 2025 par forfait au détriment du Sénégal. Quel est votre avis sur ce sujet ?
“Je ne suis que très peu surpris en tant qu’ancien arbitre et ancien commissaire coordinateur CAF. La CAF est gérée par des personnes dépassées qui sont plutôt préoccupées que par de petits avantages financiers sinon comment justifier cette décision inique qui fait honte à toute l’Afrique et au football ? L’arbitre ayant fait reprendre la partie, tout l’argumentaire de cette décision du Jury d’appel est erronée, le Sénégal aura gain de cause devant le TAS, j’en suis convaincu. Mais bon le mal est fait et nous sommes la risée du monde, même jusqu’en Chine où je me trouve. C’est ridicule.”
Un mot de fin?
“Je voudrais avant tout remercier les nombreux compatriotes qui m’ont écrit et ont pensé que je ferais l’affaire pour redresser notre football, en toute humilité je pense avoir beaucoup donné au football, il est temps pour moi de prendre ma retraite au pays de Wongo loin de tous les “crocodiles” qui se servent de l’argent du football sans véritablement le servir ! Ayant fait partie du groupe Mounguengui à l’époque, et après 12 ans d’échecs, vivement que le football gabonais soit enfin libéré, je conseille aux autres candidats de tout faire sur le plan juridique pour que cette parodie d’élection n’ait pas lieu.
La Ve République et la renaissance d’un nouveau Gabon doivent aussi s’appliquer au football en particulier et au sport national en général.”
Propos recueillis par FE/FSS/EN/AGP











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