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Guerre au Moyen-Orient : “les pays africains non pétroliers vont souffrir de l’augmentation des prix du brut” (Dr Jonathan Ndoutoume Ngome)

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Jonathan Ndoutoume Ngome, Dr en Géopolitique et Géostratégie du Pétrole.

LIBREVILLE, 9 mars 2026 (AGP) – Suite à la situation qui prévaut actuellement au Moyen-Orient, l’AGP a accordé samedi dernier une interview à Jonathan Ndoutoume Ngome, Dr en Géopolitique et Géostratégie du Pétrole, Maître Assistant (C.A.M.E.S) des Facultés, Enseignant chercheur à l’UOB, Conseiller en Hydrocarbures du Directeur Général de la Caistab, et ancien Ministre de la République.

L’Agence Gabonaise de Presse : Dr Ndoutoume Ngome, quel impact pour les pays producteurs de pétrole à cette guerre?

Dr Jonathan Ndoutoume Ngome : «La situation au Moyen-Orient et surtout la guerre entre l’Iran et la coalition israelo-américaine a forcément des conséquences. L’une des conséquences est la fermeture du détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz est situé au golfe persique entre l’Iran et le Sultana d’Oman. C’est un passage par lequel passent 20% des hydrocarbures (pétrole et gaz naturel)mondial.
Tout blocage de ce détroit créé une pénurie du pétrole au niveau mondial. Ce qui occasionne l’augmentation des prix pétrole. Les pays africains producteurs ou détenteurs du pétrole vont donc être impactés positivement si le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran devait perdurer.»

Les pays africains peuvent-ils être touchés par cette guerre ?

«Effectivement, les pays africains vont être touchés par cette guerre, notamment sur le plan économique et financier. Il y a d’abord des pays pétroliers comme le Nigeria, l’Angola, l’Algérie , le Gabon, etc qui vont tirer profit de cette guerre à travers l’augmentation des prix du pétrole dont les estimations prévoient entre 90$ et 150 $ le baril. Les pays producteurs et/ou détenteurs de pétrole auront une plus value pétrolière dans leurs budgets respectifs qui connaîtront une certaine embellie financière.
Il y a aussi des pays africains non pétroliers qui vont souffrir de l’augmentation des prix du brut. Leur budget consacré à l’énergie devra être revu à la hausse. Les biens de consommation courante pourraient enregistrer une augmentation des prix.»

Cette guerre peut-elle être un prétexte pour Donald Trump pour attaquer d’autres grandes puissances notamment la Chine et la Russie ?

«La guerre en Iran n’est plus un prétexte. Ce que préparent les États-Unis méthodiquement, c’est la guerre contre la Chine. Les Américains ont dit qu’il n’y avait pas de solution du marché à la compétition avec les Chinois.
La guerre contre l’Iran aboutit à couper la route qui alimente en pétrole, notablement la Chine. La coupure de la voie par le Groenland est un contrôle des voies maritimes qui unissent les Asiatiques avec l’Europe par le chemin le plus court en empêchant de passer par le canal de Panama et par le canal de Suez, tous deux contrôlés, armes à la main, par les nord-américains. Donald Trump et les États-Unis ne s’arrêteront pas dans leur préparation de la guerre contre Chine.»

Votre mot de fin.

«Comme mot de fin, si ce n’est demander aux pays détenteurs et/ou producteurs de pétrole de profiter des prix élevés du baril pour investir dans des projets de diversification économique, notamment l’agriculture et les infrastructures tout en consacrant une partie au remboursement de la dette. Mais il faut être prudent, les prix élevés actuels du pétrole sont consubstantiels à la situation au Moyen-Orient. Tout peut s’arrêter aussitôt que prévu.»

Propos recueillis par JMNB/FSS/AGP

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