LIBREVILLE, 6 février 2026 (AGP)- Les avocats de Pascal Ogowe Siffon Simon, ancien ministre du Tourisme et sénateur élu de la commune d’Akanda, ont pris la parole devant la presse, ce vendredi 6 février à Libreville, avec pour objectif, d’informer l’opinion nationale et internationale de la situation juridique et judiciaire de leur client, arrêté et placé en détention le 25 décembre dernier, en même temps que plusieurs cadres de son ancien département ministériel, a constaté l’Agence gabonaise de presse.
Le conseil d’avocats composé de Maîtres Jean-Paul Moumbembé, Jules Obiang et Noël Edgar Gomes Ntchango ont circonscrit leur intervention aux questions de droit et de procédure, afin de respecter le secret de l’enquête, la présomption d’innocence et la dignité des institutions. Ils ont indiqué dès l’entame, que l’affaire dont il sont défenseur, revêt une « gravité institutionnelle exceptionnelle». Me Jules Obiang a souligné le caractère inédit de l’arrestation simultanée d’un ministre, sénateur de la République, et de plusieurs de ses collaborateurs.
Les avocats ont dénoncé de graves violations des droits de la défense, évoquant notamment ” l’absence d’accès effectif au dossier, la poursuite d’auditions sur près de vingt heures, ainsi que des plaidoiries imposées dans la nuit du 24 au 25 décembre, jours fériés”, dans des conditions qu’ils jugent incompatibles avec un procès équitable.
Dans cette affaire, les avocats disent avoir soulevé deux exceptions d’inconstitutionnalité devant la Chambre d’accusation. La première porte sur ” la violation du régime de l’immunité parlementaire”. Pour Me Obiang, Pascal Simon Ogowe Siffon a été arrêté après la proclamation officielle de son élection sénatoriale, sans vote préalable du Sénat concernant son immunité. La seconde incompatibilité est ” l’atteinte à la compétence exclusive de la Cour des comptes pour les faits liés à la gestion des finances publiques “.
La Cour des comptes étant déjà saisie du dossier, les avocats ont plaidé pour une mise en liberté provisoire de leur client, en attendant une décision de la Cour constitutionnelle. Jugeant la détention de l’ancien ministre du Tourisme “juridiquement contestable”.
Ces derniers ont lancé un appel solennel au respect de l’État de droit, rappelant que “la crédibilité de la justice repose sur le strict respect des garanties constitutionnelles”. Non sans interpeler le Parlement. « Nous tendons notre main au ministère de la Justice (…). Je lance un cri de détresse au Parlement, particulièrement aux sénateurs », a indiqué Me Jean-Paul Moumbembé.
LBF/JM/WM/AGP











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