Société & Culture

Gabon/Conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne : vers une reconnaissance de la voix pygmée

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LIBREVILLE, 14 janvier 2026 (AGP) – L’Association pour la défense de la médecine traditionnelle des pygmées du Gabon a pris part aux deux journées de la Conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne, clôturée mardi 13 janvier à Libreville, a constaté l’Agence Gabonaise de Presse.

Le secrétaire général de ladite association, Marcel Mbombet, a salué l’initiative portée par le président de la Fondation Reset Health, Stéphane Lasme, co-organisateur de la conférence. « Je suis vraiment très reconnaissant que les gens aient compris qu’il faut retourner à la source », a-t-il déclaré. À travers cette rencontre, il a invité les autorités compétentes à associer systématiquement les communautés pygmées du Gabon aux processus de valorisation de l’Iboga.

M. Mbombet a également salué le décret pris par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, permettant aux peuples pygmées de siéger au nouveau Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Cette décision contribuera, selon lui, à rassembler l’ensemble des communautés pygmées afin de « former un seul bloc et parler d’une seule voix ».

Face à la reconnaissance scientifique de l’Iboga et de l’Ibogaïne comme principes actifs dans le traitement des addictions et de certaines pathologies neurologiques, le secrétaire général a exprimé le souhait que cette conférence aboutisse à la reconnaissance des peuples pygmées « comme détenteurs traditionnels de l’Iboga», tout en appelant à l’instauration de « garde-fous » pour prévenir toute dérive, dans un contexte où la ressource est appelée à être exportée.

Pour Marcel Mbombet, les bénéfices issus de l’exploitation de cette plante devraient permettre aux communautés pygmées de « créer des écoles traditionnelles dans leurs villages et dans les forêts ». Il a par ailleurs souhaité que le ministère des Eaux et Forêts régule davantage l’octroi des permis forestiers, afin de limiter la déforestation, laquelle « détruit les habitats et les sanctuaires des peuples pygmées ». « Si nous dévastons la forêt, qu’allons-nous laisser à nos enfants et à nos petits-fils ? », s’est-il interrogé.

Au regard de l’intérêt croissant suscité par l’Iboga, le secrétaire général a enfin interpellé les autorités sur la nécessité de doter les communautés pygmées de moyens adéquats pour accompagner l’action de l’État. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de financements, mais plutôt de « moyens roulants permettant d’aller à la rencontre des autres communautés dans leurs villages respectifs ». « L’Iboga n’appartient pas seulement au peuple Babongo. Il appartient aussi aux Baka, Bakoya, Bamiliba, Akewa et Akula», a-t-il souligné, estimant que les retombées de l’utilisation de l’Iboga doivent bénéficier à l’ensemble des communautés concernées.

CM/JM/FSS/AGP

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