LIBREVILLE, 23 février 2026 (AGP) – À l’issue de son 9ᵉ congrès ordinaire le Rassemblement pour le Gabon (RPG) a fait école samedi dernier, à travers une alternance à la tête du parti, dans le respect dzs textes et sans heurts majeurs, illustrant ainsi une stabilité rare dans le paysage politique gabonais. Décryptage.
Dans un contexte où nombre des formations politiques gabonaises ont été marquées par des crises internes, des scissions ou la naissance de courants rivaux, le RPG fait figure d’exception. La transmission du leadership entre Laurent Angue Mezui et Rafael Edzang s’est déroulée conformément aux statuts, consacrant le principe d’alternance à la tête du parti.
Loin des batailles de leadership et des querelles de légitimité observées ailleurs, le RPG semble avoir consolidé une culture interne fondée sur le respect des règles, la concertation et l’acceptation du verdict des instances compétentes. Ainsi peut-on dire qu’il réussit où plusieurs partis historiques du pays ont échoué, avec pour conséquence, des divisions internes notables.
Le Parti gabonais du progrès (PGP), le Morena, l’Union nationale (UN), le Parti démocratique gabonais (PDG) ou encore l’Union du peuple gabonais (UPG) ont tous, à des degrés divers, été confrontés à des crises de leadership ayant entraîné la création de tendances dissidentes ou de nouvelles formations politiques. Ces divisions, souvent qualifiées de « guerres des pères fondateurs », ont contribué à fragiliser durablement certaines structures partisanes, alimentant la méfiance des militants et brouillant la lisibilité de l’offre politique.
À l’inverse, au RPG, cette guerre de leadership n’a pas eu lieu. Le passage de témoin s’est opéré sans fronde visible ni contestation majeure, traduisant un fonctionnement interne davantage institutionnalisé.
Pour de nombreux observateurs, cette stabilité trouve ses racines dans la vision de son fondateur, le père Paul Mba Abessole. Il a été témoin des turbulences internes qui ont marqué la vie de plusieurs partis au Gabon avant de créer le RPG.
Fort de cette expérience, Paul Mba Abessole aurait tiré les leçons des crises passées en instaurant, dès l’origine, des mécanismes internes favorisant la démocratie, le débat encadré et le respect des statuts. La culture de l’alternance et la primauté des textes sur les ambitions individuelles semblent aujourd’hui constituer l’ADN du parti.
Dans un environnement politique souvent caractérisé par des rivalités personnelles et des repositionnements stratégiques, le RPG apparaît ainsi comme un cas d’école en matière de démocratie interne. La régularité des congrès, le respect des procédures statutaires et l’acceptation des résultats participent à renforcer sa cohésion même si le parti n’a plus son rayonnement d’antan.
RL/TYM/WM/AGP











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