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Gabon / Naufrage de l’« Esther Miracle » : « J’ai perdu quatre membres de ma famille et mon bras gauche est gravement atteint », témoigne une rescapée

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LIBREVILLE, 26 février 2026 (AGP) – L’audience consacrée à l’ouverture du procès du naufrage de l’« Esther Miracle », survenu dans la nuit du 9 mars 2023, a été marquée jeudi par le témoignage poignant d’une rescapée, identifiée sous les initiales Y.C., devant le tribunal de première instance de Libreville.

À la barre, la survivante a relaté les circonstances du drame qui lui a coûté quatre membres de sa famille et laissé de lourdes séquelles physiques et psychologiques. «J’ai perdu quatre membres de ma famille et mon bras gauche est gravement atteint», a-t-elle déclaré, dans une salle d’audience gagnée par l’émotion.

Au sortir de l’audience, rencontrée au palais de justice, cette mère de famille est revenue sur les faits. Elle explique avoir embarqué au Port-Môle de Libreville à destination de Port-Gentil avec ses deux sœurs et ses deux neveux. Installés à l’étage du navire, en classe affaires, ils ne se doutaient pas de l’issue tragique du voyage.

«Tout a basculé vers 3 heures du matin», a-t-elle confié. Selon son récit, le navire aurait commencé à s’incliner brusquement, sans annonce préalable de l’équipage. «Nous avons senti le bateau pencher et entendu des bruits inquiétants. Comme nous étions à l’étage, nous ignorions qu’en bas, il y avait déjà de l’agitation », a-t-elle expliqué.

La situation se serait aggravée lorsque l’une de ses sœurs a constaté que le bateau prenait de l’eau. Les passagers auraient alors tenté de trouver des gilets de sauvetage et de quitter le navire par leurs propres moyens. « Il fallait du courage pour sauter, malgré la peur. Le plus grave, c’est qu’il n’y avait plus aucun membre de l’équipage pour nous aider », a-t-elle affirmé.

Repêchée le lendemain vers 10h45, Y.C. a été hospitalisée pendant trois jours. Depuis, elle vit avec un handicap majeur et des traumatismes persistants. Couturière avant l’accident, elle dit ne plus pouvoir exercer son activité. « Avec un bras en moins, que faire ? Je suis mère célibataire de deux enfants étudiants», a-t-elle confié, évoquant également un suivi psychologique rendu nécessaire par le choc.

Comme les autres victimes et familles endeuillées, la rescapée dit attendre du procès qu’il établisse les responsabilités et permette une réparation à la hauteur du préjudice subi.

SMM/JM/FSS/AGP

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