LIBREVILLE, 05 février 2026 (AGP) – De retour au Gabon après un séjour à Casablanca, au Royaume du Maroc où il a pris part, du 27 au 29 janvier dernier, à la 20ᵉ session du Conseil de direction de l’Union africaine des huissiers de justice, le président de la Chambre nationale des huissiers de justice du Gabon (CNHJ), Me Florent Mounguengui, a exprimé sa volonté de faire bénéficier le pays des expériences innovantes observées dans certains États africains, notamment au Rwanda et en Côte d’Ivoire, a constaté l’Agence gabonaise de presse.
Cette rencontre continentale, qui a réuni 21 pays africains autour du thème «Ventes aux enchères», a donné lieu, selon lui, à des échanges particulièrement enrichissants. Me Mounguengui a salué les avancées notables enregistrées par la Côte d’Ivoire et le Rwanda, deux pays ayant engagé d’importantes réformes structurelles visant à moderniser et renforcer l’efficacité de leurs chambres nationales d’huissiers de justice, notamment par l’intégration progressive de la digitalisation dans leurs procédures.
Il a notamment cité le modèle rwandais, où les ventes aux enchères sont organisées de manière entièrement dématérialisée, grâce à un processus numérisé et centralisé sur une plateforme digitale encadrée par des textes réglementaires. Cette plateforme regroupe l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire, du ministère de la Justice aux magistrats et greffiers, facilitant le partage instantané des décisions de justice, accessibles à tous les intervenants, avec des données statistiques à l’appui.
« Dès qu’une décision est mise sur la plateforme, elle est connue de tous. C’est également sur cette même plateforme qu’elle peut être confiée à un huissier, si nécessaire, pour procéder à un acte de saisie ou de vente aux enchères. Les résultats de ces actes doivent aussi y être publiés, afin que tous les acteurs disposent du même niveau d’information », a-t-il expliqué.
Selon le président de la CNHJ, cette expérience pourrait être bénéfique tant pour la Chambre nationale des huissiers de justice du Gabon que pour le pays, engagé dans un processus de modernisation et de digitalisation de son système judiciaire. Il s’est dit « enrichi » par sa participation à cette session, estimant que ces pratiques étrangères constituent des modèles inspirants que le Gabon gagnerait à adapter à son propre contexte judiciaire, afin d’améliorer la performance du secteur, tout en renforçant l’organisation et la transparence des activités.
Cette dynamique, a-t-il souligné, s’inscrit pleinement dans la vision des autorités gabonaises, engagées dans un vaste chantier de réforme et de modernisation de la justice. À ce titre, l’adoption de mécanismes modernes apparaît comme une opportunité stratégique pour renforcer les capacités opérationnelles des huissiers de justice.

Me Mounguengui a également évoqué le système de parafiscalité mis en place par la Chambre nationale des huissiers de justice de Côte d’Ivoire, dont certains pays de la sous-région bénéficient déjà. Ce mécanisme repose sur le paiement d’un timbre dénommé « Stickers », acquitté par chaque huissier en fonction de la nature des actes accomplis, les recettes étant reversées à la Chambre nationale.
«Si nous voulons mieux nous organiser, nous devons nous appuyer sur cette belle expérience pour assurer le financement de notre Chambre nationale », a-t-il conclu.
SMM/JM/FSS/AGP











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