LIBREVILLE, 18 février 2026 (AGP) – La décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre temporairement certaines plateformes numériques, à la suite de manquements répétés aux dispositions du Code de la communication, pourrait entraîner des conséquences significatives sur le commerce et l’économie gabonaise, où le secteur numérique occupe désormais une place stratégique. Décryptage.
Dans un communiqué rendu public à l’issue d’une séance plénière ordinaire tenue à son siège de Libreville, sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou, l’institution a justifié cette mesure par la recrudescence de contenus jugés diffamatoires, de fausses informations, d’actes de cyber-harcèlement et de violations de données personnelles, en infraction avec la loi n°019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication en République gabonaise.
Si cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de préserver l’ordre public, la cohésion sociale et la stabilité des institutions, elle soulève néanmoins des préoccupations dans les milieux économiques. Au Gabon, les réseaux sociaux et plateformes numériques constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour les petites et moyennes entreprises, les commerçants indépendants, les start-up et les acteurs du e-commerce.
La suspension de ces outils de communication pourrait ainsi affecter la visibilité commerciale de nombreux opérateurs économiques, freiner les transactions en ligne, perturber les campagnes de marketing digital et ralentir certaines activités liées aux services numériques, à la publicité et à la vente à distance. Pour plusieurs jeunes entrepreneurs, ces plateformes représentent parfois le principal canal de distribution et de promotion de leurs produits.
Au-delà du commerce de détail, le secteur numérique contribue également à la modernisation des services, à l’innovation et à la création d’emplois, notamment chez les jeunes. Toute restriction prolongée pourrait donc avoir un impact indirect sur la dynamique entrepreneuriale, la confiance des investisseurs et l’attractivité du pays dans l’économie digitale régionale.
Des analystes estiment toutefois que cette mesure pourrait, à moyen terme, encourager un encadrement plus rigoureux de l’espace numérique, favorisant un environnement plus sécurisé et plus crédible pour les transactions économiques, à condition qu’un équilibre soit trouvé entre régulation et continuité des activités commerciales.
En réaffirmant que la liberté d’expression demeure un droit fondamental garanti au Gabon, la HAC insiste sur la nécessité d’un usage responsable des outils numériques. Reste que, dans un contexte où le digital représente un pan croissant de l’économie nationale, toute suspension de plateformes pose la question sensible de l’équilibre entre impératif de régulation et vitalité économique.
RL/EN/FSS/AGP











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