LIBREVILLE, 23 octobre 2025 (AGP) – Le ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, Henri-Claude Oyima, a rencontré mercredi dernier les responsables des administrations et entités sous tutelle pour présenter sa méthode de travail, sa vision et les réformes à venir, a appris l’Agence Gabonaise de Presse de source officielle.
Dans son allocution, le ministre d’État a dressé un état des lieux sans concession de la situation financière du pays. « Nous avons hérité d’une situation financière complexe, marquée par des arriérés, une dette lourde, une trésorerie tendue, des engagements pris souvent sans couverture budgétaire réelle », a-t-il déclaré. Il a ajouté que cette situation « a fragilisé la crédibilité de la signature de l’État », précisant que « quand la signature de l’État perd de sa force, c’est toute la confiance qui vacille. Les entreprises hésitent, les partenaires doutent, les citoyens s’interrogent. »
Pour restaurer cette confiance, Henri-Claude Oyima a affirmé que la priorité de son département est de « redonner de la force à la signature de l’État », en instaurant une discipline budgétaire exemplaire, une mobilisation sincère des recettes et une transparence totale dans l’exécution des dépenses. Il a également dénoncé les pratiques contraires à l’éthique dans la gestion publique, évoquant « des retards volontairement créés pour justifier des prélèvements informels, des instructions sans traçabilité, des dérogations devenues des habitudes ». Selon lui, « ces pratiques ne peuvent plus exister dans un État qui a décidé d’être respecté. Elles humilient nos institutions, appauvrissent le pays, découragent les honnêtes agents et ternissent l’image de notre administration. »
Le ministre d’État a annoncé plusieurs réformes majeures, dont la réforme budgétaire et financière pour rétablir la sincérité du budget et la traçabilité des dépenses, la modernisation des régies financières par la digitalisation des procédures, la réforme du système fiscal et des exonérations, ainsi que la création de l’Inspection Générale des Finances. Il a également évoqué la gestion active des participations publiques, le renforcement du contrôle budgétaire et la rationalisation des ressources.

Dans le cadre de la relance sectorielle, Henri-Claude Oyima a annoncé le déploiement de cinq fonds stratégiques : agriculture ; pêche et aquaculture ; habitat et logement ; infrastructures ; énergie et eau. Il a exhorté ses collaborateurs à bannir les comportements nuisibles à la bonne gouvernance, déclarant : « Plus de dépenses engagées sans couverture budgétaire, plus de marchés exécutés avant signature, plus d’ordonnances sans pièces justificatives, plus de recherche d’intéressement personnel sur les paiements, plus de lenteurs organisées pour créer de la pression, plus de budgets gonflés ou de recettes artificielles. »
En conclusion, le ministre d’État a lancé un appel à la mobilisation collective : « Le Gabon ne se reconstruira pas seulement avec des réformes. Il se reconstruira avec des femmes et des hommes intègres, engagés et fiers de servir. Bâtissons ensemble. »
CM/CBM/FSS/AGP











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