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Gabon/Football/Élection Fégafoot : ” Je regrette finalement d’avoir été loyal à la fin de la normalisation ” dixit Dieudonné Ndoumbou

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LIBREVILLE, 5 avril 2026 (AGP) – L’ancien président du Comité de normalisation (mars 2013-avril 2014) de la Fédération gabonaise de football, Dieudonné Ndoumbou a évoqué, ce dimanche au cours d’un entretien accordé à l’AGP, plusieurs sujets autour de l’élection du 18 avril prochain pour la présidence de la Fédération gabonaise de football.

AGP : Que répondez-vous à ceux qui estiment qu’il n’ y a pas eu de véritables candidats pour faire face au président sortant, Pierre Alain Mounguengui dans le cadre de l’élection du 18 avril prochain ?

Dieudonné Ndoumbou : ” Comment pouvez-vous être candidat avec une telle violation des statuts de 2013 ? Ces statuts ont été allègrement violés afin d’écarter tous les autres candidats et moi qui ai promulgué ces statuts sortis de la normalisation, je suis scandalisé par la fourberie de ceux qui dirigent cette fédération”.

Contrairement aux précédentes élections, on a eu l’impression que certains candidats ont semblé découvrir les règles du jeu, on entend par là, les conditions à remplir pour être en lice. N’est-ce pas de leur part, une certaine méconnaissance des statuts et règlements de la Fégafoot ?

” Je ne crois pas, la seule difficulté pour eux a été celle d’obtenir les parrainages. C’était mission impossible quand vous avez en face un candidat qui, lui de son côté, rémunère les présidents d’associations ou clubs 1 ou 1.5 millions FCfa pour aller suivre un match des Panthères. Je sais de quoi je parle, j’ai été chef de délégation par le passé. Les présidents d’associations invités par le président sortant sont payés un million de Fcfa pour aller supporter leur équipe nationale, c’est la belle vie, certains construisent des maisons d’autres des plantations avec l’argent du football qui lui plonge dans un coma profond. Dans cette configuration, il leur était quasiment impossible d’obtenir des parrainages et par conséquent d’être retenus comme candidat”.

Vous avez tantôt été à la manoeuvre en gérant la Fédération lors de la période de la normalisation. Quel bilan faites-vous des 3 mandats de Pierre Alain Mounguengui ?

” Un bilan catastrophique, il n’y a qu’à regarder le bricolage dans les compétitions des ligues, les résultats chez les jeunes et le football féminin.
Il n’y a eu aucune innovation en 12 ans, aucune évolution avec dix fois plus de moyens financiers que les anciens Comités exécutifs. Le bureau sortant n’organise pas des compétitions pour développer notre football mais uniquement pour justifier les décaissements de la FIFA et de la CAF.
Je pourrais vous dire mandat par mandat ce qui n’a pas marché, je prendrais l’exemple du premier mandat. Le président sortant est allé faire imprimer des années durant un magazine en France à coup de millions de francs CFA pour quel objectif ? Depuis 2015 la Coupe du Gabon a disparu, le ministère des sports qui soutient déjà à 100% les dépenses des équipes nationales avait décidé, au regard des sommes reçues par la Fégafoot de la part de la FIFA et de la CAF , de ne plus mettre à disposition les 150 millions annuel de cette compétition. Élu en 2018 au Comité exécutif, j’avais proposé au président de réduire la voile pour financer à hauteur de 75 millions de Fcfa sur fonds fédéraux avec un projet ambitieux qui impliquerait toutes les neuf provinces mais hélas, ils trouvé mieux de se cacher derrière l’État. Le football amateur et les clubs formateurs sont totalement ignorés et pillés par les clubs professionnels dans l’indifférence la plus absolue de la Fédération. Pourtant en janvier 2024 le président sortant m’avait promis mettre de l’ordre et appliquer les recommandations de la FIFA. Depuis lors, silence total! Un autre exemple, comparez les maillots d’entraînement des Lions indomptables du Cameroun et ceux de nos Panthères.
Au Cameroun le président Samuel Eto’o, en quatre ans a ramené plusieurs sponsors et partenaires à la FECAFOOT, en 12 ans chez nous, aucun sur le maillot de notre équipe”.

Qu’est-ce qui explique que les élections à la Fégafoot sont très souvent sujettes à contestations ?

” L’argent tout simplement ! L’argent a pollué et détruit notre football. Nos dirigeants sont comme des sangsues qui sucent avec joie l’argent du football sans le servir réellement. Pendant que la courbe d’embourgeoisement de nos dirigeants est crescendo, celle de notre football est decrescendo. Ces batailles et polémiques se multiplient à cause du trésor de guerre versé par la CAF et la FIFA”.

Certains candidats recalés, anciens internationaux et acteurs du football local ont entrepris vendredi écoulé une marche pour ” Le salut du football Gabonais”, trouvez-vous cette démarche nécessaire, quand on sait qu’aucune loi n’interdit au président sortant de se représenter ?

” Par rapport à ce 4e mandat, l’histoire me donne raison. J’avais voulu limiter à 2 mandats dans les statuts adoptés en 2013, malheureusement deux présidents des club très proches de l’ancien président déchu ont réussi à faire sauter cette condition, avant l’élection de 2022 l’un d’eux s’est repenti en me recevant à son siège. Cette marche je la comprends j’aurais été présent si j’étais à Libreville.
Je peux vous assurer qu’à Port-Gentil pour faire partir un ancien comité directeur, nous avons connu bien plus que ça. Nous avons bloqué un match de Coupe du Gabon, une action qui est historiquement répertoriée dans la lutte que le groupe Mounguengui dont je faisais partie a mené pour arriver à la tête de la FEGAFOOT”.

Tout porte à croire que Pierre Alain Mounguengui sera à nouveau élu pour un quatrième mandat à la tête de la Fégafoot. Quelles pourraient être vos attentes pour ce énième bail, au-delà de vos divergences ?

” Aucune attente ! La lutte pour libérer notre football après 12 années d’échecs ne doit pas s’arrêter avec l’élection, elle doit continuer. D’ailleurs j’ai décidé en tant qu’ancien président du Comité de normalisation et président d’association sportive d’écrire à la FIFA”.

Un mot de fin ?

” Si monsieur Pierre Alain Mounguengui avait un peu de dignité, il aurait dû se retirer. Malheureusement il veut aller au bout de sa logique de bricolage pour achever notre football. Je regrette finalement d’avoir été loyal en 2014 à la fin la normalisation ou on me proposait d’être candidat. Avoir lutté près de 10 ans contre les anciens présidents fédéraux pour faire élire ce président et se retrouver 12 ans ans après avec un tableau aussi sombre de notre sport roi, c’est mon plus grand regret ! “

FE/WM/EN/AGP

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