LIBREVILLE, 19 mars 2026 (AGP) – Au terme d’une journée de négociations marquée par l’intervention du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement gabonais et la société turque KarPowerShip (KPS) ont décidé de poursuivre leur partenariat pour la fourniture d’électricité dans le Grand Libreville.
Des informations faisant état d’un retrait des centrales thermiques de l’opérateur turc avaient circulé mercredi, suscitant une vive inquiétude. Réagissant tardivement à la polémique liée à une prétendue coupure générale, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) a apporté un démenti formel aux informations relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias en ligne.
Selon des sources concordantes, KarPowerShip maintient finalement la fourniture d’électricité dans le Grand Libreville, grâce notamment à une médiation des plus hautes autorités. Le maintien des centrales flottantes de KPS, qui assurent une capacité de 110 mégawatts, a ainsi été confirmé.
La société turque avait auparavant annoncé son intention de suspendre totalement sa production en raison d’impayés estimés à 15 milliards de FCFA. De son côté, la SEEG indique qu’un paiement partiel de la dette, évalué à environ 7 milliards de FCFA selon une source proche du dossier, a été effectué il y a 48 heures afin d’éviter une interruption de service.
Cette situation met en lumière la fragilité du dispositif énergétique du pays, régulièrement exposé aux tensions liées aux retards de paiement. Des observateurs estiment que cette dépendance constitue une contrainte structurelle pour les autorités, susceptibles de faire face à des pressions récurrentes des opérateurs privés.
Un précédent similaire avait été enregistré en 2024 avec la société britannique Aggreko, spécialisée dans la location de groupes électrogènes, qui avait menacé de réduire de 30 % sa fourniture d’électricité à Libreville pour exiger le règlement d’arriérés.
Face à ces défis, les autorités gabonaises entendent accélérer les investissements dans les infrastructures de production. Plusieurs projets sont en cours, notamment le barrage de Kinguélé-Aval (35 mégawatts), dont la mise en service est prévue fin 2026, ainsi que celui de Booué, d’une capacité annoncée de 400 mégawatts.
La question énergétique demeure une priorité pour le chef de l’État, qui souligne régulièrement l’urgence d’améliorer l’accès des populations aux services essentiels, notamment l’eau et l’électricité, conformément aux orientations de son projet de société « Bâtissons l’édifice nouveau».
EN/FSS/AGP











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