Économie

Gabon/crise énergétique : Philippe Tonangoye face au défi du redressement de la SEEG

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LIBREVILLE, 26 février 2026 (AGP) – Les coupures récurrentes d’électricité à Libreville, la capitale gabonaise, et même à l’intérieur du pays, dépassent le simple fait d’une situation empirique. Elle s’affiche désormais comme une crise spécifique d’électricité attribuée à la Société d’Energie et d’eau du Gabon (SEEG), et qui laisse le ministère de l’Energie dans une situation d’embarras total. Décryptage.

Les coupures intempestives et délestages persistent dans le Grand Libreville, voire l’interieur du pays, malgré des investissements. On n’a beau renouvellé les équipes manageriales à la Direction générale de la société d’eau et d’Energie du Gabon, rien ne s’améliore.

Ces interruptions intempestives, parfois annoncées par une communication approximative de la SEEG et du ministère en charge de l’Energie, sont devenues malheureusement un fait ordinaire, bouleversant le quotidien des populations.

Les coupures d’électricité entraînent des conséquences majeures : arrêt des appareils ménagers/informatiques avec des risques de dommages, perte de la chaîne du froid, rupture des télécommunications, et arrêt du chauffage. Elles perturbent la sécurité notamment les feux de signalisation, ascenseurs, etc.

Et que dire du ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye ?. A ce qu’il semble, le membre du gouvernement serait dépassé par l’ampleur de la situation. Ses rappels à l’ordre à l’endroit de la direction générale de la SEEG et ses partenaires n’ont produit jusqu’ici aucun effet visant l’amélioration de la situation. Pendant ce temps, les populations continuent à subir ces coupures et leurs effets collatéraux.

Invité de l’émission « Le Gouvernement s’exprime» sur Gabon 24, le ministre Philippe Tonangoye, a dénoncé la spirale d’endettement et les dysfonctionnements financiers qui fragilisent la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).

Le membre du gouvernement a rappelé que « les caisses de la SEEG se sont asséchées », évoquant plusieurs facteurs, dont l’indemnisation de 30 milliards FCFA versée après le départ de Veolia. Pour assurer la continuité du service public, la société a contracté un emprunt de 40 milliards FCFA destiné aux investissements, puis un autre de 20 milliards FCFA pour couvrir un découvert temporaire.

Ce que l’on sait, c’est que les decouverts dont la somme cumulée s’élève à 80 milliards FCFA n’ont pas été utilisés conformément à leurs objectifs initiaux.

Répondant aux accusations de « mauvais créancier », Philippe Tonangoye a précisé que « le Gabon a mobilisé 15 milliards FCFA auprès d’Ecobank » afin de régler les factures dues à Karpowership. Il a également révélé que « les créances globales de la SEEG s’élèvent à environ 149 milliards FCFA », une situation qu’il attribue à une gouvernance défaillante de la SEEG.

Le ministre a indiqué que la société doit actuellement de l’argent à « une vingtaine d’entreprises », parmi lesquelles Perenco, fournisseur de gaz, et Aggreko, producteur d’électricité d’appoint.

Malgré ces difficultés, il a assuré que la gouvernance s’améliore progressivement, évoquant une reprise graduelle des paiements aux fournisseurs.

Le moins que l’on puisse dire est que le bout du tunnel n’est pas pour demain.

EN/RL/WM/AGP

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