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Gabon/Crise à l’Education nationale : les enseignants optent pour l’impasse

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LIBREVILLE, 2 Février 2026 (AGP) – Comme il ne fallait pas s’y attendre, les enseignants regroupés au sein du collectif « SOS Education » ont décidé, samedi dernier, de la poursuite d’une grève déclenchée le 5 janvier 2026, avec au bout, de graves conséquences. Analyse.

Cette décision radicale est d’autant plus inattendue que les grévistes, après avoir constaté, par eux-mêmes, « des avancées significatives » dans la résolution des revendications contenues dans un cahier de charges, avaient conditionné toute reprise à la libération de deux leaders syndicaux, Simon Ndong Edzo’o et Marcel Libama, arrêtés pour «trouble à l’ordre public». Ce qui fut fait le lundi 26 janvier 2026. On s’attendait alors à la suspension de la grève, puis à la reprise des cours ce lundi. Que nenni !

L’incompréhension est totale et la déception des parents d’élèves, des élèves et même du gouvernement, tout autant. Il faut reconnaître que, jusqu’ici, le gouvernement a fait preuve de flexibilité et de réactivité. Car, après avoir reconnu la légitimité des revendications, il a signé un protocole d’accord et mis en place une commission pour traiter avec célérité les dossiers.

Dans la foulée, le chef de l’Etat, Chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu une forte délégation des syndicats reconnus et des enseignants regroupés au sein de « SOS éducation ». Il leur a donné des assurances quant au règlement définitif de tous les problèmes posés, mais de façon graduelle. Dès lors, le jusqu’au-boutisme actuel ne se comprend plus.

Finalement, de qui les enseignants veulent-ils obtenir des gages ? En campant dans une intransigeance de plus en plus suspecte, ils donnent l’impression d’être manipulés par des mains noires qui ont un agenda. Car après tout, la grève est la dernière arme des grévistes pour se faire entendre et surtout pour obliger le gouvernement à négocier. Et c’est justement ce qui est en train d’être fait. Mieux, le gouvernement a fait des pas dans la bonne direction, mais les grévistes campent sur leur position et ne veulent rien céder. Or le bon sens voudrait qu’ils suspendent le mouvement et reprennent le chemin des classes pour éviter une année blanche, qui serait préjudiciable pour les jeunes et le Gabon.

Visiblement, la position radicale des enseignants désormais divisés entre les pour et contre la poursuite de la grève, mène tout droit vers une impasse. Le bras de fer engagé avec la puissance publique, leur employeur risque de leur être préjudiciable. Car face à leur slogan « no money, no school », ils pourraient se voir opposer « no job, no money ». Et comme ils sont en train de griller leur joker, la grève, ils comprendront alors « qu’il faut savoir arrêter une grève, dès lors qu’il y a des avancées significatives ».

C’est pour éviter ce piège que les syndicats reconnus comme le Sena ont suspendu la grève, d’autres enseignants lucides ont accepté cela.

JNA/EN/FSS/AGP

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