LIBREVILLE, 3 février 2026 (AGP) – Alors que le front social demeure en ébullition depuis plusieurs mois au Gabon, marqué par des tensions persistantes entre le gouvernement et les organisations syndicales, un acteur institutionnel clé semble briller par son absence : le Médiateur de la République.
Les mouvements d’humeur dans les secteurs de l’éducation nationale et de la communication, ainsi que les préavis de grève dans la santé et l’enseignement supérieur, illustrent l’ampleur des revendications syndicales. Pour ramener le calme et désamorcer la crise sociale, les autorités ont, à plusieurs reprises, fait appel au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, dont les interventions ont permis d’apaiser les tensions.
Dans ce contexte, de nombreuses voix s’interrogent sur le rôle et l’implication du Médiateur de la République, dont la mission première est de favoriser le dialogue et de prévenir l’enlisement des conflits entre l’administration et les citoyens.
Instituée par l’ordonnance n°016/PR/2021, ratifiée par la loi n°002/2022 du 23 mars 2022, la Médiature de la République du Gabon est une autorité administrative indépendante chargée de résoudre, par des moyens amiables, les litiges opposant l’administration aux administrés. Elle s’inscrit dans le renforcement démocratique, la promotion de la bonne gouvernance et la protection des droits des citoyens.
Par définition, le Médiateur de la République agit comme un intermédiaire impartial, facilitant l’écoute mutuelle, la concertation et la recherche de solutions durables. Son intervention est particulièrement attendue dans les situations de crise sociale majeure, à l’instar de celles que traversent actuellement les secteurs éducatif et sanitaire, considérés comme des piliers du développement national.
Au-delà du cadre national, la Médiature de la République entretient également des relations de coopération avec des partenaires internationaux, notamment dans les domaines de la société civile, de la démocratie et des droits de l’homme, renforçant ainsi son poids institutionnel et sa légitimité.
Dès lors, la discrétion observée du Médiateur de la République dans la gestion de ces conflits sociaux suscite interrogations et incompréhensions. Pourquoi une institution centrale dans la régulation des rapports entre l’administration et les citoyens ne joue-t-elle pas un rôle plus visible dans cette période de fortes tensions sociales ? Une question qui reste posée, au regard de l’urgence sociale que connaît le pays.
JMK/RL/JM/FSS/AGP











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