LIBREVILLE, 14 janvier 2026 (AGP) – À l’occasion de la dernière journée de la Conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne, des chercheurs gabonais, notamment les professeurs Akendengue, Bourobou et Souza, ainsi que les docteurs Bayissi et Omouéndzé, ont présenté les résultats de leurs travaux scientifiques sur les bienfaits de l’iboga pour la santé humaine, a constaté l’Agence gabonaise de presse.
Intervenant en premier, le professeur Souza a rappelé que les effets anti-addictifs de l’iboga, à travers l’alcaloïde ibogaïne, ont été découverts aux États-Unis. Il a précisé qu’après près de quatorze années de recherches, les scientifiques gabonais ont mis en évidence, en 2011, pour la première fois au monde, les propriétés antidiabétiques de l’iboga. Selon lui, aucun travail scientifique n’avait jusque-là porté sur le lien entre l’iboga, l’insuline et le diabète.
Évoquant l’ampleur de cette pathologie au Gabon, le professeur Souza a souligné que le diabète constitue un véritable problème de santé publique, avec environ 109 000 cas recensés en 2024. « À l’horizon 2050, ce chiffre pourrait doubler, d’autant plus que le diabète touche au Gabon la tranche d’âge de 20 à 79 ans », a-t-il expliqué.
Dans cette perspective, les chercheurs ont exploré la contribution potentielle de l’iboga dans la prise en charge du diabète. Le Dr Bayissi a indiqué que ses travaux ont permis de démontrer que les alcaloïdes totaux de l’iboga peuvent traiter le diabète de type 2 sans provoquer d’hypotension, contrairement à certains traitements conventionnels observés en laboratoire. Selon elle, ces molécules stimulent la sécrétion de l’insuline, favorisant ainsi la régulation du glucose stocké dans l’organisme.
Le professeur Souza a toutefois attiré l’attention sur la toxicité potentielle de l’ibogaïne pour le pancréas, recommandant l’utilisation des extraits totaux de l’iboga dans le traitement du diabète. Dans le même registre, le Dr Bayissi a révélé que des expériences menées sur le système nerveux ont montré que ces alcaloïdes possèdent également des capacités d’amélioration de la mémoire et de l’apprentissage. Elle a néanmoins souligné la nécessité de confirmer ces résultats par des essais cliniques.
Pour sa part, le professeur Akendengue, spécialiste en chimie et pharmacologie, a présenté ses travaux sur les alcaloïdes indoliques, réputés pour leur action sur le cerveau. Il a affirmé que l’iboga présente des effets bénéfiques dans le traitement de l’hypertension artérielle et de l’insuffisance rénale.
Modératrice de la session, le Dr Omouéndzé a partagé les résultats des recherches du professeur Zogue Nguema portant sur les propriétés antidouleur de l’iboga en milieu chirurgical. Testés sur vingt patients en milieu clinique, les extraits totaux de l’iboga ont démontré une action anesthésiante. «Les patients anesthésiés à base d’iboga ont eu moins besoin d’antalgiques après l’intervention, comparativement à ceux traités selon les méthodes classiques », a-t-elle indiqué, ajoutant que la plante agit également sur le centre de l’éveil.
Abordant les défis de la recherche scientifique au Gabon, le professeur Bourobou a insisté sur la nécessité de renforcer la formation, la collaboration entre centres de recherche et structures hospitalières, ainsi que le financement durable de la recherche.
«En complément de l’appui de l’État, la recherche doit s’ouvrir aux investisseurs intéressés par la valorisation des résultats scientifiques dans le développement de produits commerciaux», a-t-il déclaré.
Il a également plaidé pour une synergie entre chercheurs scientifiques et détenteurs du savoir ancestral, tout en respectant les domaines de compétence de chacun, afin d’établir des standards reconnus.
CM/JM/FSS/AGP











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