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Gabon / CESEC : recrudescence des crimes rituels et iboga au menu de la première session ordinaire

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LIBREVILLE, 17 février 2026 (AGP) – Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Guy Bertrand Mapangou, a ouvert mardi à Libreville les travaux de la première session ordinaire de l’institution, axée sur deux thématiques majeures : la recrudescence des crimes crapuleux de sang et la valorisation de l’iboga, a constaté l’AGP.

S’agissant du premier point, le président du CESEC a précisé que l’inscription à l’ordre du jour de la question des crimes dits rituels, ainsi que l’ouverture d’un débat sur un éventuel retour de la peine de mort, « ne procèdent nullement d’une volonté de rupture avec les principes fondamentaux des droits de l’homme et de l’État de droit, ni d’un plaidoyer en faveur d’une sanction irréversible érigée en solution unique ».

«Elle relève, avant tout, d’un impératif de conscience collective », a-t-il déclaré, estimant que cette démarche vise à susciter une prise de conscience face à des actes d’une brutalité extrême qui heurtent profondément la conscience nationale et alimentent un sentiment croissant d’insécurité et d’injustice au sein de la population.

Selon lui, le CESEC entend ainsi provoquer «un électrochoc à la hauteur de la gravité des faits observés», afin de replacer la question de la protection de la vie humaine, de la dissuasion et de la responsabilité pénale au cœur de la réflexion nationale. « Il s’agit moins de prôner le retour absolu de la peine capitale que de poser, sans faux-semblants, la question de l’efficacité de notre arsenal répressif et préventif face à des crimes crapuleux qui tendent à se banaliser dans notre société », a-t-il souligné.

Abordant ensuite la question de l’identité culturelle du Gabon à travers l’iboga (ou Eboghè, de son nom originel), envisagé comme un moteur économique et un levier pour la recherche scientifique et médicale, Guy Bertrand Mapangou a posé la problématique de la valorisation stratégique de ce patrimoine culturel et génétique d’une valeur exceptionnelle.

«Malgré son potentiel reconnu, l’iboga demeure insuffisamment structuré et reste exposé à des risques de surexploitation, de biopiraterie et d’appropriation illégitime des savoirs traditionnels », a-t-il relevé.

Pour le CESEC, il est essentiel d’engager une réflexion approfondie sur la structuration d’une filière responsable, la valorisation scientifique et médicale encadrée, ainsi que la protection juridique et éthique des connaissances ancestrales. À l’échelle nationale, ce débat s’inscrit dans une logique de diversification économique, de souveraineté scientifique et de rayonnement culturel du Gabon à travers cette plante millénaire, que certains qualifient déjà de «pénicilline du XXIe siècle ».

JDMB/TYM/FSS/AGP

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