LIBREVILLE, 5 février 2026 (AGP) – Il est des silences qui honorent, et des prises de parole qui exposent. La récente sortie d’Alain Claude Bilié-By-Nzé sur TV5MONDE relève manifestement de la seconde catégorie. À vouloir réécrire l’histoire sans jamais se confronter à son propre bilan, l’ancien Premier ministre du régime d’Ali Bongo Ondimba s’est enfermé dans une posture de déni politique qui interroge autant qu’elle affaiblit son propos.
Trois ans après le 30 août 2023, l’un des principaux artisans du régime déchu refuse toujours de reconnaître les échecs patents d’un système qui a conduit le Gabon au bord de l’asphyxie économique, sociale et institutionnelle. Cette attitude traduit une incapacité persistante à assumer une part de responsabilité dans la dégradation de la gouvernance, la perte de confiance des citoyens et l’effondrement du pacte entre l’État et le peuple.
En niant ces évidences, Alain Claude Bilié-By-Nzé ne défend pas un bilan, mais une mémoire politique devenue encombrante. Pis encore, l’ancien chef du gouvernement fait porter aux acteurs du 30 août le poids d’un héritage qu’ils n’ont pas créé, mais trouvé. Cette inversion des responsabilités ne trompe guère une opinion publique désormais consciente des causes profondes de la rupture politique intervenue en 2023.
À l’évidence, Alain Claude Bilié-By-Nzé apparaît aujourd’hui comme un acteur politique en errance, incapable de se réinventer hors du logiciel de l’ancien régime. Son discours, dépourvu d’imagination et d’autocritique, relève davantage de la lamentation que de la proposition. Or, un pays engagé dans un processus de reconstruction n’a que faire des jérémiades du passé.
Un homme d’État véritable aurait fait le choix de la hauteur, en reconnaissant avec humilité les fautes commises, non par calcul politique, mais par respect pour le peuple gabonais. Car la sagesse politique commence là où s’arrête l’orgueil.
À l’inverse, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et son équipe se projettent résolument dans l’action. Ils gouvernent sans se complaire dans le rétroviseur, encore moins à l’écoute des plaintes de ceux qui refusent d’assumer leur passé. Le temps n’est plus à la justification, mais à la refondation.
L’histoire, implacable, avance avec ou sans ceux qui choisissent le déni.
RL/EN/FSS/AGP











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