LIBREVILLE, 6 avril 2026 (AGP) – Le football gabonais est en deuil. Avah Roger a tiré sa révérence samedi dernier. Star confirmée, l’ex-sociétaire du Cercle sportif Batavéa (CSB), l’AS Sogara et du National Azingo aura marqué son époque en écrivant, avec d’autres, les plus belles pages du football gabonais. Décryptage.
Ce qui caractérisait ce joueur, c’était sa robustesse et son sens du but. Doté d’une force de frappe exceptionnelle, Roger Avah, a montré l’étendue de son talent à l’AS Sogara, de Port-Gentil, qui est devenue le plus populaire du Gabon et s’est imposée comme une référence absolue en football de clubs au Gabon. Son fait d’arme ? Un missile tiré des 45 mètres face au Tonnerre de Yaoundé en 1985 permit à Sogara de réduire la marque (2-1) et de s’imposer 1-0 au match retour.
Il faisait partie de la génération dorée de l’AS Sogara. Celle qui, en 1986 atteignit et perdit la finale de la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe face à Al Ahly d’Egypte. Avah Roger n’a jamais oublié cette belle aventure « comment oublier ? Il nous avait juste manqué un peu de chance pour aller au bout. », avait-il confié au quotidien l’Union.
La dissolution de ce club mythique en 1994 a sonné le glas de ses stars. Roger Avah s’est reconverti au métier d’entraîneur, sans grande réussite, hélas. Avec l’arrêt du championnat pendant un an, il a connu une terrible descente aux enfers. Son ex coéquipier, Six Moulouma, est lui aussi décédé le 21 mars 2023 dans des conditions déplorables.
De façon générale ces disparitions posent le problème de la reconversion de nos stars, à qui on reproche de ne pas préparer l’après football. Comment penser à l’après si au quotidien on n’a même pas une pitance ? Le football gabonais a ceci de particulier qu’il broie ses stars. Les joueurs sont dupés et pressés comme du citron et n’ont d’autre issue que de tendre la sébile. Jean Gaston Angoué, gardien du CSB était surpris d’apprendre qu’il gagnait 300 000 francs CFA par mois, alors qu’il ne percevait que 91000. Théodore Zué Nguéma, m’avait confié que lui et ses coéquipiers ne comprenaient pas pourquoi les internationaux percevaient une prime de victoire de 600 000 francs, alors que les responsables fédéraux empochaient, eux, 1 million. Théo n’a dû son salut que grâce à sa mère qui lui a confié la gestion d’une petite scierie à Dimbala en Guinée équatoriale.
En 2012 l’Etat a dégagé des milliards pour lancer le football professionnel, mais curieusement beaucoup de joueurs n’ont pas été payés, et ont dû recourir à la justice. Non! Il est temps d’assainir les milieux du football.
JNA/FE/FSS/EN/AGP











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