LIBREVILLE, 5 novembre 2026 (AGP) – Les membres des bureaux des conseils municipaux et départementaux ont été sensibilisés, jeudi à Libreville, aux enjeux et aux défis de la décentralisation au Gabon, notamment en matière de gouvernance de proximité, d’autonomie financière et de renforcement des capacités des administrations territoriales, à l’occasion du séminaire national de renforcement des capacités des élus locaux, organisé du 5 au 6 novembre, a constaté l’Agence gabonaise de presse.
Intervenant sur le thème « Cadre historique, enjeux, défis et perspectives de la décentralisation », le conseiller juridique du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Aimé Roger Mouloungui Maganga, a indiqué que les principaux enjeux de ce processus concernent la démocratie de proximité, la gouvernance, l’aménagement du territoire ainsi que le développement économique et social.
Face à ces enjeux, il a appelé les collectivités locales à faire preuve de rigueur dans la conception et la conduite de leurs projets, afin que ceux-ci répondent aux réalités du terrain et aux besoins des populations.
Abordant les défis liés à ce processus, l’intervenant a identifié trois principaux volets : institutionnel, financier et humain. Sur le plan institutionnel, il a souligné la nécessité de clarifier les responsabilités entre les services déconcentrés de l’État et les élus locaux.
Le défi financier repose notamment sur le renforcement de la fiscalité locale, tandis que le volet humain nécessite la création d’une fonction publique locale et la structuration de métiers spécialisés dans la gestion et la gouvernance des collectivités territoriales, afin de combler le déficit de compétences au sein des administrations locales.
Revenant sur le cadre juridique de la décentralisation, Aimé Roger Mouloungui Maganga a rappelé que la forme unitaire et décentralisée de l’État est consacrée par la Constitution de décembre 2024, adoptée à 91 %. Il a également évoqué la loi n°15/96 du 6 juin 1996, qui avait posé les bases de l’organisation des communes, des départements et des provinces, mais dont la mise en œuvre est longtemps restée limitée.
« Pendant plusieurs années, la décentralisation n’a connu d’autres déclics que la mise en place d’un cadre juridique qui, malheureusement, n’a pas été suivi de fait […], en raison de l’absence de volonté politique », a-t-il déclaré.
Pour impulser une nouvelle dynamique, la Ve République entend s’appuyer sur plusieurs instruments, notamment le Plan national de croissance et de développement (PNCD), les Plans locaux de développement (PLD) et le Fonds de péréquation des collectivités locales (FPCL), auquel sont désormais affectés entre 5 et 10 % des ressources propres de l’État, selon les éléments présentés par l’exposant.

Le conseiller juridique du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Aimé Roger Mouloungui Maganga pendant son intervention.
Ces mécanismes, inscrits dans le sixième pilier du projet présidentiel, s’accompagnent de décrets portant transfert de compétences et des ressources correspondantes. Ils visent à renforcer l’autonomie financière des collectivités locales et à améliorer les conditions de vie des populations.
S’agissant des perspectives, le conseiller juridique a notamment évoqué la révision en cours de la loi organique sur la décentralisation, la mise en œuvre du FPCL, assortie d’audits et d’un dispositif renforcé de suivi-évaluation, ainsi que la conclusion de partenariats universitaires destinés à développer des filières de formation en gestion et en gouvernance des collectivités locales.
« Cela m’oblige à garantir une cohérence entre ce que la Constitution, la loi organique et le dispositif réglementaire consacrent et les actes de leur mise en œuvre pour le développement de nos collectivités locales et l’épanouissement social des populations », a-t-il conclu.
LKM/JDMB/FSS/EN/AGP












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