Au moment où le Gouvernement, à travers son ministère des Sports, lance une grande réflexion sur un football national « très malade » et alors qu’on attend les conclusions qui en seront issues, voilà que la Commission électorale lance à la hussarde la reprise du processus de l’élection du Comité exécutif (Comex) de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot). Cependant, cette décision, associée aux faits vécus antérieurement, pose problème.
Dans les sociétés modernes, pour que les choses aillent pour le mieux, il est utile et nécessaire de respecter les décisions prises de façon consensuelle, mais surtout d’appliquer et de faire respecter les lois qu’on prend soin de mettre en place après de mûres réflexions et, très souvent, au prix d’interminables tiraillements. En 2012, une crise née de la contestation de l’élection de Moukagni Iwangou (paix à son âme) a plongé la Fégafoot dans une impotence fonctionnelle sans précédent. La situation était si grave que la Fédération internationale de football association (Fifa) fut obligée d’appliquer l’article 8, alinéa 2, de ses propres statuts pour mettre en place un comité de normalisation, dirigé par Ndoumbou Likouni.
Après plusieurs mois de dur labeur, le Comité de normalisation a produit des statuts dont la version définitive a été agréée par la Fifa à Zurich le 23 octobre 2013 et ensuite adoptée par le Congrès de la Fégafoot du 12 novembre 2013. C’est donc sur la base de ces statuts que la Fégafoot fonctionne depuis douze ans. C’est aussi sur la base de ces mêmes statuts que la Commission électorale a été mise en place. D’ailleurs, son président, Jean-Luc Ndongo, l’avait déclaré avec force dans l’Union du 26 mars 2026.
À la lumière des faits, et c’est là où nous voulons en venir, nous constatons des bizarreries. Comme, par exemple, le fait que le 63ᵉ Congrès de la Fégafoot s’est tenu le 29 juin 2025. Les statuts exigent pourtant la tenue obligatoire du Congrès annuel au plus tard le 31 mars. En 2026, il n’y a pas eu, à notre connaissance, de tenue d’un quelconque congrès. On a voulu passer directement à l’élection du Comex, oubliant que c’est précisément le congrès, instance suprême, qui donne quitus au Comex sortant pour continuer son aventure ou pas. C’est également le Congrès qui met en place, de manière ad hoc, la Commission électorale pour organiser et superviser l’élection du Comex. Or, à la lumière de sa dernière sortie relayée par l’Agence gabonaise de presse (AGP), la Commission donne l’impression d’être permanente et voudrait s’arroger le droit de convoquer le Congrès.
Il faut relever aussi que c’est le Gouvernement qui a suspendu l’élection et qui a mis en place une task force pour tirer le football du coma. Le bon sens voudrait que ce soit lui qui lève sa suspension pour que le processus électoral reprenne son cours normal. Ce n’est pas tout. La Commission électorale a donné un chronogramme où elle annonce l’ouverture de nouvelles candidatures. Est-ce à dire que la première élection a été suspendue ? Si oui, par qui ?
Tous ces faits relevés, et il y en a certainement d’autres, sont malheureusement de nature à créer les conditions d’une crise inutile, au moment où le Chef de l’État exige que la sérénité revienne dans les milieux du football et que le Gouvernement se démène comme un beau diable pour atteindre cet objectif.
Nous terminons en disant deux choses. La première, c’est qu’il faudrait peut-être envisager la tenue d’un congrès extraordinaire, organe suprême et légitime pour prendre les décisions liées à l’élection du Comex. La seconde, c’est que la Fifa ne peut pas se substituer au Congrès de la fédération, à plus forte raison « une modeste commission électorale », pour reprendre l’expression d’un ancien footballeur exaspéré.
Par J. NGOM’ANGO













Commentaires