Société & Culture

Gabon/Braconnage : quatre suspects poursuivis après la saisie de pointes d’ivoire à Lipaka 2

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LIBREVILLE, 15 octobre 2026 (AGP) – Quatre individus sont poursuivis dans une affaire de braconnage et de trafic d’ivoire à la suite d’une opération menée du 22 au 24 septembre dernier à Lipaka 2, un village situé sur l’axe Lastoursville-Moanda, dans le département de Mulundu (centre-est du pays) où les investigations ont permis la saisie de quatre pointes d’ivoire provenant de deux éléphants abattus, ainsi que d’une arme à feu et de munitions artisanales, selon un communiqué de l’ONG Conservation Justice consulté par l’Agence gabonaise de presse.

L’affaire a débuté après un signalement faisant état de l’abattage d’un éléphant dans cette localité. Alertés, les agents des Eaux et Forêts, appuyés par l’ONG Conservation Justice, se sont rendus sur les lieux où ils ont découvert la carcasse de l’animal, dépourvue de ses défenses.

Les recherches engagées avec l’appui des forces de l’ordre ont rapidement permis de remonter la piste des présumés auteurs. Au terme de trois jours d’investigations, cinq personnes ont été interpellées et quatre pointes d’ivoire récupérées. Une arme de calibre 12, accompagnée de munitions de fabrication artisanale, a également été saisie au domicile de l’un des mis en cause. Parmi les cinq individus initialement interpellés, un suspect a été remis en liberté après que les enquêteurs ont établi son absence d’implication dans les faits qui lui étaient reprochés.

Présentés le 28 septembre 2026 au parquet de la République à Libreville, les quatre autres suspects font désormais l’objet d’une information judiciaire. Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire sur décision du juge d’instruction, tandis que les deux autres ont bénéficié d’une liberté provisoire.

L’affaire, toujours en cours d’instruction, pourrait déboucher sur de lourdes sanctions. Conformément à l’article 390 du Code pénal gabonais, les personnes reconnues coupables des faits poursuivis encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende équivalant au quintuple de la valeur des produits saisis.

Cette nouvelle affaire rappelle la persistance du trafic d’ivoire au Gabon malgré les dispositifs de surveillance et de répression mis en place pour protéger la faune sauvage. Après une période de recul observée au début des années 2010, ce commerce illicite avait notamment connu une recrudescence entre 2018 et 2019.

Toutefois, la survie de l’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis), espèce essentielle à la régénération des écosystèmes forestiers, demeure menacée par le braconnage, la dégradation de son habitat et les effets du changement climatique. La diminution de la fructification de certaines espèces végétales perturbe également son alimentation et favorise les incursions dans les plantations agricoles.

Face à ces défis, la lutte contre le trafic d’ivoire repose autant sur l’application rigoureuse de la législation que sur la sensibilisation des populations, l’accompagnement économique des communautés riveraines et la promotion d’activités génératrices de revenus compatibles avec la préservation de la biodiversité.

CBO/JM/EN/CBM/AGP

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