Économie

Gabon/SAIL/Projets pétroliers : pour une gestion conjointe des enjeux écologiques et sociaux

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LIBREVILLE, 3 ooctobre 2026 (AGP) – La prise en compte de la biodiversité et des usages des populations, dès la conception et tout au long de la vie des projets pétroliers et gaziers, constitue un enjeu majeur de performance environnementale et sociale, a souligné la représentante d’Insuco, Sandrine Biau Lalanne, lors d’un panel du Salon africain des infrastructures (SAIL 2026), à Libreville, a constaté l’Agence Gabonaise de Presse. 

Elle a présenté la biodiversité comme un élément essentiel de maîtrise du risque économique. Une mauvaise gestion des dimensions environnementale et sociale peut, selon elle, « favoriser des conflits avec les communautés, provoquer des interruptions d’activités, générer des coûts de restauration élevés et exposer les entreprises à des risques réputationnels ou juridiques », voire entraîner « des difficultés auprès des bailleurs et investisseurs ».

« Il faut penser performance environnementale et sociale en pensant aussi que cela fait partie de la maîtrise du risque économique », a‑t‑elle insisté.

Selon l’experte, la biodiversité doit être intégrée dès les premières phases de conception, à travers une hiérarchisation des mesures d’atténuation. Celle‑ci privilégie d’abord l’évitement des impacts négatifs : modification d’un tracé, déplacement d’une implantation, réduction de l’emprise du projet ou adaptation du calendrier des travaux aux périodes de présence de certaines espèces.

« La première chose, avant toute chose, va être d’éviter qu’il puisse y avoir des impacts négatifs sur notre biodiversité », a‑t‑elle expliqué. À défaut, les promoteurs doivent successivement chercher à réduire, restaurer puis, en dernier recours, compenser les impacts.

Mme Biau Lalanne a également plaidé pour une approche indissociable des dimensions environnementale et sociale. Une forêt, une rivière, une zone humide ou une mangrove sont non seulement des habitats écologiques, mais aussi des espaces de pêche, de chasse, de collecte, d’agriculture et de revenus, parfois à forte valeur culturelle ou sacrée pour les communautés.

Elle préconise ainsi une « cartographie conjointe des enjeux écologiques, des usages des ressources, des droits fonciers et coutumiers, des activités économiques et des populations qui dépendent de ces ressources ». Cette démarche permettrait de mieux anticiper les effets d’une modification des écosystèmes sur les moyens de subsistance des communautés riveraines.

Le suivi des impacts doit enfin se poursuivre pendant toute la durée de vie du projet, a‑t‑elle ajouté. Les études d’impact environnemental et social (EIES) et les plans de gestion environnementale et sociale (PGES) doivent être assortis d’indicateurs, de mécanismes de surveillance et de dispositifs d’alerte. Selon elle, l’implication des populations locales dans ce suivi permettrait de détecter plus rapidement les évolutions du territoire et de renforcer le dialogue avec les communautés.

MIM/FE/CBM/AGP

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