LIBREVILLE, 29 juin 2026 (AGP) – À quelques heures de l’ultimatum fixé au 30 juin par des mouvements anti-immigration, des ressortissants étrangers en situation irrégulière continuent de quitter l’Afrique du Sud, dans un contexte de fortes tensions et de discours xénophobes.
Selon plusieurs témoignages et des informations relayées par TV5 Monde, plus de 15 000 Malawites auraient déjà choisi de partir, redoutant une aggravation des violences et des manifestations réclamant le départ des migrants en situation irrégulière.
« Je suis déçue de ce que nos frères et sœurs sud-africains nous font subir », confie Katiija Rajab. Munie de deux sacs pour seuls bagages, cette femme de 36 ans a rejoint un camp improvisé à Durban, d’où elle doit embarquer dans un bus à destination du Malawi.
«Même les enfants nous narguent et nous demandent quand nous allons rentrer chez nous », ajoute-t-elle. Employée de maison depuis trois ans à Amanzimtoti, près de Durban, elle explique avoir décidé de partir après l’annonce de son départ à sa patronne, qui, selon elle, « s’est mise à pleurer ».
Katiija fait partie de milliers de Malawites qui, confrontés à plusieurs semaines de manifestations et à la montée de discours hostiles en ligne, ont décidé de quitter le pays.
Des groupes se présentant comme des initiatives citoyennes ont donné jusqu’au 30 juin aux étrangers en situation irrégulière pour quitter le territoire sud-africain et appellent à des rassemblements dans plusieurs régions du pays, faisant craindre une recrudescence des violences xénophobes.
À Durban, plusieurs milliers de personnes sont regroupées sur le site de l’Old Durban Drive-In, ancien lieu de projections en plein air sous l’apartheid. Dans des conditions précaires, atténuées par des distributions de repas chauds et d’eau par des bénévoles, les migrants y sont enregistrés avant d’embarquer vers des bus à destination de Blantyre, au Malawi, pour un trajet de plus de 2 000 kilomètres.
JMNB/FSS/EN/AGP










Commentaires