OYEM, 4 juin 2026 (AGP) –L’absence de toilettes publiques dans la ville d’Oyem (nord du pays) est une problématique qui se pose avec acuité pour les citadins de cette cité. Reportage.
Il est près de 9 heures, en ce lundi en matin brumeux, à la place des fêtes d’Oyem dans le nord du pays, communément appelée « La Tribune », Un véhicule Toyota 4×4 double cabine s’arrête à notre hauteur. Un homme d’une trentaine d’années, casquette blanche « C’Bon » vissée sur le crâne, en descend. Manifestement embarrassé, il s’adresse à mon confrère et à moi. « S’il vous plaît, excusez-moi, pouvez-vous m’indiquer où se trouvent les toilettes publiques ici ? »
Pris de court, nous n’avons d’autre choix que de lui répondre cette vérité embarrassante : « Il n’y en a pas dans la ville. »Presque à voix basse, gênés à notre tour, nous lui demandons : « Vous n’êtes pas de la ville ? »Originaire de Libreville, le voyageur, accompagné de ses amis et en route pour Yaoundé, au Cameroun, nous confie être simplement de passage avant de regagner précipitamment son véhicule.
Cette scène illustre parfaitement la problématique de l’absence de toilettes publiques à laquelle sont confrontés quotidiennement les habitants d’Oyem, capitale de la province du Woleu-Ntem.
« Lors de la fête du 1er mai, il s’en est fallu de peu pour que je fasse mes besoins dans mon pantalon après une diarrhée soudaine », raconte Emmanuel B., notable de la ville venu assister à la remise d’une médaille à l’un de ses enfants.
Il reconnaît s’être finalement soulagé derrière les anciennes toilettes publiques du centre-ville, aujourd’hui laissées à l’abandon.
Pourtant, le centre-ville d’Oyem a longtemps disposé de sanitaires publics, réalisés sous l’impulsion des différentes équipes municipales qui se sont succédé à la tête de l’hôtel de ville. Depuis les événements d’août 2023, leur entretien semble avoir été relégué au second plan.
Ni la délégation spéciale municipale, ni les autorités municipales élues et en fonction depuis plusieurs mois n’ont pour le moment manifesté un réel empressement à réhabiliter ces infrastructures.Les conséquences sont nombreuses : les portes des bâtiments ont été forcées, les équipements sanitaires dégradés et les lieux transformés en espaces insalubres. Des matières fécales s’accumulent désormais sur le carrelage, rendant les installations pratiquement inutilisables.
« Lorsque vous êtes pris d’un besoin naturel pressant en plein centre-ville, nous n’avons guère d’autre choix que de nous y rendre », explique un jeune photographe ambulant exerçant à proximité de La Tribune. Contacté par nos soins, l’hôtel de ville n’a pas souhaité réagir sur cette situation.
En attendant une éventuelle réhabilitation des infrastructures sanitaires, les habitants d’Oyem continuent de composer avec des conditions jugées peu dignes par de nombreux usagers.
EMM/SMM/FE/EN/AGP










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