Le 19 mai dernier s’est produit au Caire, en Egypte, le tirage au sort de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) de 2027. Le Gabon, logé dans la poule A en compagnie du Maroc, du Niger et du Lesotho, y prendra part, en dépit du fait que, les Panthères du Gabon, dans une pénible phase de reconstruction, n’ont véritablement pas de certitudes, après la terrible désillusion vécue à la Can 2025 disputée au Maroc.
C’est un saut dans l’inconnu, qui peut s’avérer périlleux, que s’apprêtent à réaliser les Panthères du Gabon, au moment où le football gabonais est plongé dans une profonde crise. Et comme disait le Prix Nobel de littérature 1991 Nadine Gordimer, « l’inconnu est porteur d’angoisse », il est à craindre que l’aventure ne se termine ne pantalonnade, comme la précédente. La peur des lendemains incertains a donc plongé les férus de l’équipe nationale dans une perplexité à couper au couteau. A notre avis, deux raisons, il y a sans doute d’autres, peuvent justifier les inquiétudes des uns et des autres. La première c’est que nous sommes dans un climat d’embrouille, on ne sait pas où on en est et où on va. Ici, tout est fait comme si on voulait rapidement tourner la page, sans prendre la peine de tirer les conséquences de l’échec subi au Maroc récemment. Le bon sens aurait voulu qu’on situât d’abord les responsabilités, pour mettre à l’écart les présumés responsables, au lieu de tenter de mettre la poussière sous le tapis.
La seconde raison est que l’équipe nationale a de sérieux problèmes. Non seulement elle n’a presque pas de gardien de but et de latéral droit, mais encore la charnière centrale est vieillissante qui plus est, les cadres comme Kanga Guelor, Ibrahim Ndong et Aubameyang sont proches de la sortie. Comme « top players », il ne restera que Lémina, Bouanga et Ekomié, bref il n’y a pas de profondeur de banc. Et c’est un handicap rédhibitoire.
Dans cette poule A, le Maroc va survoler les débats et le Niger, disposant d’une bonne base, sera dur à battre. Le Niger est d’ailleurs un cas d’école. C’est l’ex-président de la fédération nigérienne de football, le Colone-major Djibrilla Hima Hamidou (2009-2025) qui a restructuré le football en mettant un accent sur la formation. Résultat, qualification à la Can 2012 et 2013 et surtout au Mondial des U17 en 2017 en Inde où l’équipe a atteint les 8es finale. La plupart de ces joueurs sont arrivés à maturité. Seul le Lesotho ne devrait pas poser de problème, a priori.
Enfin c’eût été intéressant d’assainir le climat délétère qui prévaut actuellement après l’échec du processus électoral à la présidence de la Fédération gabonaise de football. Au lieu de cela, on tente de jouer la « comédie du bonheur », avec l’idée qu’un succès de l’équipe fanion pourrait tout faire oublier.
Par Joseph NGOM’ANGO










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