Le drame survenu à Gamba nous touche profondément et rappelle une réalité simple : le travail ne devrait jamais coûter la vie à un homme ou à une femme.
Au nom de la Confédération syndicale des travailleurs du Gabon, j’adresse mes sincères condoléances à la famille du travailleur décédé, ainsi qu’à ses collègues. C’est une douleur immense, et dans ces moments-là, les mots restent toujours insuffisants face à la perte d’un proche, d’un collègue, d’un ami.
Mais au-delà de l’émotion, il faut aussi dire les choses avec lucidité.
Quelques jours avant cet accident, une tribune citoyenne publiée par Gabonreview et Gabonactu attirait déjà l’attention sur le manque de mobilisation autour de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, ainsi que sur les insuffisances persistantes en matière de prévention des risques professionnels dans notre pays. Aujourd’hui, cette réflexion prend malheureusement un relief particulier.
Lorsqu’un travailleur perd la vie dans l’exercice de ses fonctions, ce n’est pas seulement un fait divers. C’est un drame humain qui interpelle toute la société : les autorités, les employeurs, les syndicats et même les citoyens.
Car un accident n’est pas une fatalité. D’ailleurs ce n’est pas le premier du genre.
Chaque fois qu’un drame de ce type arrive, on se pose les mêmes questions : est-ce qu’on a fait assez pour éviter ça ? Est-ce que les règles de sécurité étaient respectées ? Est-ce que les travailleurs étaient vraiment protégés ?
Parce que la vérité, c’est que la prévention ne doit pas être un simple discours ou une formalité administrative.
On parle de sécurité au travail, mais il faut aussi regarder la réalité en face : dans beaucoup d’entreprises, les conditions de travail restent difficiles. Et quand on y ajoute des mois de salaires impayés, la situation devient encore plus lourde.
Comment demander à un travailleur d’être concentré et serein quand il ne sait pas comment il va nourrir sa famille ? Comment parler de sécurité quand certains n’ont même pas une couverture sociale correcte ?
Des agents de la CNNII, de la SOGATRA et d’autres entreprises vivent encore ces réalités difficiles au quotidien.
Le stress, la fatigue, l’inquiétude, tout cela fait aussi partie des risques du travail, même si on en parle moins.
C’est pour cela qu’on ne peut pas séparer la sécurité au travail des conditions de vie des travailleurs.
Un pays qui veut avancer doit protéger ceux qui travaillent. Pas seulement avec des textes, mais avec des actes concrets sur le terrain.
Chaque accident devrait nous réveiller. Pas seulement nous émouvoir le jour du drame, mais nous pousser à changer les choses pour de vrai.
Parce qu’au fond, une seule chose compte : qu’aucun travailleur ne perde sa vie en allant gagner la sienne.
Aymar Gaétan KISSENGORI
Président de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Gabon










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