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Chronique Sportivement : Sport national : l’échec d’une « gabonisation »

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La descente aux enfers du sport gabonais est due à l’essoufflement d’un système, bien sûr, mais surtout à une gabonisation, au niveau sportif, qui a tourné au fiasco, le sport autant que ses résultats ayant été politisés de façon outrancière, sans oublier la disparition des pôles de formation que furent les internats, et surtout des coordonnateurs sportifs.

La dernière sortie de Léon Louis Folquet, ancien vice-président de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) et surtout ex-président du Comité national olympique gabonais (CNOG) pendant 12 ans, est assez révélatrice. Il reconnaît, entre autres, que la crise sportive qui sévit dans notre pays a pour point de départ l’échec du passage de témoin entre les coopérants français, pour la plupart, et les Gabonais.

De fait, il faut reconnaître que dans les années 1970-1980, le sport gabonais a connu une évolution fulgurante qui a abouti au grand succès du Gabon aux premiers Jeux d’Afrique centrale, organisés à Libreville en 1976, mais aussi aux Jeux ivoiro-gabonais et de l’Office gabonais des sports scolaires et universitaires (OGSSU). Et ce n’était pas le fruit du hasard. En effet, ces succès étaient obtenus grâce à l’apport déterminant des coopérants qui assuraient la planification, la coordination et l’organisation de la pratique du sport de masse et d’élite dans toutes les disciplines sportives.

Prenons l’exemple du football. La direction technique de la Fégafoot était assurée par le coopérant français Jean-Paul Grandière, qui assurait le suivi et la formation continue des entraîneurs et des arbitres, la détection des jeunes talents, la pratique du football de masse, etc. Par la suite, ni Raphaël Nzamba Nzamba ni Claude Albert Mbourounot n’ont véritablement pris la mesure de leur fonction, pas plus que leurs congénères des autres disciplines.

Au Lycée national Léon Mba, le coordonnateur français, M. Martin, a fortement contribué au développement de toutes les disciplines sportives. Il a également permis à de nombreux Gabonais d’obtenir des bourses Confejes (Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie) pour devenir professeurs de sport, etc.

La fermeture des internats, pôles de formation par excellence, fut un terrible coup dur pour le sport gabonais, d’autant plus que cela a abouti à la suppression du métier de coordonnateur sportif dans les grands lycées. Sans les internats, l’Office gabonais des sports scolaires et universitaires (OGSSU) est désormais une coquille vide.

Nous devons à la vérité de reconnaître que la génération qui a pris le relais des coopérants a lamentablement échoué. Elle s’est ingéniée à rechercher les résultats immédiats, à politiser le sport et ses résultats et à privilégier le confort personnel. Il faut donc une nouvelle « race de gestionnaires ». Tout comme il est important de rouvrir les internats et les campus pour opérer un retour à une politique qui a fait ses preuves. Mais ça, c’est une autre histoire.

Par J. NGOM’ANGO

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