LIBREVILLE, 13 avril 2026 (AGP). Ces dernières années, aucune élection à la présidence de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) ne s’est, déroulée sans anicroche, tiraillement ou violences verbales. L’élection du 18 avril 2026 n’y échappera pas, l’absence d’inclusion ayant entraîné méfiance, suspicion et rancœur. Décryptage.
Finalement la direction générale des Sports, qui de façon explicite invitait la Fégafoot à l’inclusion, n’a pas été entendue. Pierre Alain Mounguengui (PAM), sera le candidat unique à l’élection du 18 avril prochain. En le présentant, un confrère de Gabon première dira de PAM qu’il est « le baobab du football gabonais ». Image saisissante qui traduit la situation déplorable du football gabonais à l’heure actuelle.
De fait, sous cet arbre majestueux, rien ne pousse et ne peut, a fortiori, le gêner. Il prend du volume et de l’espace. Dès lors de quoi a peur le « baobab » ? Sans doute de perdre ses privilèges, mais surtout de son bilan qui est, de notre point de vue, catastrophique. Le football amateur n’existe presque plus. La situation est encore pire au niveau des jeunes, à tel point que pour bâtir une équipe des moins de 17 ans, par exemple, la Fégafoot est réduite à organiser des tournois de détection bidon. Et si on ajoute le scandale sur les agressions sexuelles sur mineurs et bien d’autres maux, on mesure l’ampleur du désastre.
Le tableau est tellement sombre, qu’on ne comprend pas la sortie du collectif des clubs de D1, qui tend à faire de PAM, un homme providentiel. Manifestement, les clubs, du moins ceux qui sont dans le collectif, ont raté une occasion de se taire. Parce que, si le football gabonais accuse un grand retard aujourd’hui, c’est en grande partie à cause des clubs de D1, qui ont fait échouer toutes les résolutions. Il en est ainsi du contrat programme qui les obligeait à avoir toutes les catégories, de la réduction, sur les conseils de la Fifa, du nombre de clubs à 12, de la transformation des clubs en société anonyme pour faire entrer d’autres actionnaires dans le capital etc.
Dans leur adresse les clubs reconnaissent que le football gabonais est en butte à de nombreux maux. Dès lors doit-on faire comme si tout allait bien ? Veut-on faire de la Fégafoot un îlot de résistants au changement ambiant et réfractaire à la politique d’inclusion prônée par le chef de l’Etat ? Dans tous les cas, les responsables sportifs et les mandants ont la lourde responsabilité de maintenir le football gabonais dans la nuit noire ou de l’en sortir.
JNA/FE/WM/EN/AGP










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