LIBREVILLE, 3 mars 2026 (AGP) – Instituée par l’Union africaine le 3 mars 2003, la Journée africaine de l’Environnement reste encore peu ancrée dans le calendrier de nombreux pays du continent. Cette date, qui rend également hommage au combat de l’environnementaliste kényane et prix Nobel de la paix, Wangari Maathai, est passée inaperçue au Gabon cette année. Décryptage.
Célébrée chaque 3 mars, l’édition 2026 est placée sous le thème : « La résilience climatique, la lutte contre la pollution plastique et la gestion durable des ressources».
Contrairement aux célébrations en grande pompe de la Journée mondiale de l’environnement (5 juin) ou de celle des Forêts (21 mars), cette journée n’a fait l’objet d’aucune manifestation officielle en terre gabonaise.
Le thème retenu fait écho aux défis majeurs des autorités gabonaises, notamment avec l’adoption de la loi n°009/2024 du 4 août 2024, ratifiant l’ordonnance n°0012/PR/2024 du 26 février 2024 relative à la lutte contre la pollution liée aux plastiques à usage unique. Entrée en vigueur le 23 septembre 2025, cette mesure vise à réduire la production de déchets plastiques.
Le deuxième volet de cette célébration renvoie à l’un des chantiers prioritaires de la Ve République : la transformation locale des minerais, destinée à accélérer la diversification inclusive de l’économie et à créer des emplois durables, dans un contexte où le chômage des jeunes dépasse 60 %.
En instituant cette journée, l’Union africaine réaffirme l’importance de la protection de l’environnement naturel du continent. Cette conviction avait déjà été consacrée en 1968, lorsque les États africains indépendants ont signé la Convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles. Avec l’Agenda 2063, l’organisation continentale ambitionne notamment «d’établir des économies et des communautés écologiquement durables, respectueuses du climat et résilientes ».
L’Afrique doit impérativement s’orienter vers une économie verte, compte tenu de la forte dépendance de nombreuses économies africaines aux ressources naturelles. Selon l’UA, l’agriculture, la sylviculture, la pêche, l’exploitation minière, les carrières, ainsi que le pétrole et le gaz naturel contribuent de manière déterminante au PIB de plusieurs pays. Une large part de la population, notamment rurale, dépend directement de l’environnement pour sa subsistance. La préservation des ressources naturelles revêt donc une importance capitale, tant sur le plan économique que social.
Il apparaît dès lors essentiel que les États africains s’approprient cette journée et la célèbrent au même titre que la Journée de l’enfant africain, observée chaque 16 juin. Les organisations non gouvernementales et les associations continentales, à l’image de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA), ont également un rôle clé à jouer pour porter cette journée et susciter un véritable engouement sur le continent.
CM/CBM/FSS/AGP









Commentaires