LIBREVILLE, 20 février 2026 (AGP) – Les comptes de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) font face à une crise majeure, avec des arriérés dus par les États membres atteignant 263,5 milliards de FCFA à la fin de l’année 2025, selon une présentation faite récemment devant le Parlement communautaire à Malabo, consultée par l’Agence gabonaise de presse.
Le problème provient principalement du faible recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), censée financer l’institution mais souvent retenue par les États membres. En 2025, seulement 31,09 milliards de FCFA ont été mobilisés sur les 51,9 milliards attendus, soit un taux de recouvrement inférieur à 60 %.
Selon le rapport, la République centrafricaine arrive en tête des arriérés avec 61,8 milliards de FCFA (23,4 % du total), suivie du Cameroun avec 59,9 milliards (22,7 %), du Congo avec 52,2 milliards (19,8 %), du Tchad avec 49,1 milliards (18,6 %) et de la Guinée équatoriale avec 34,1 milliards (12,9 %). Le Gabon, dans ce contexte d’asphyxie financière, se distingue comme l’un des contributeurs les plus réguliers, avec 6,1 milliards de FCFA d’arriérés, soit 2,3 % du stock total.
La régularité de certains États demeure insuffisante pour enrayer la crise, qui survient alors que le marché des titres publics de la zone a pourtant connu une activité record en 2025, illustrant le décalage entre les financements nationaux et les engagements communautaires. Cette situation a conduit le président de la Commission, Baltasar Engonga Edjo’o, à ordonner le 5 février dernier la suspension provisoire des activités et missions jugées non stratégiques afin de préserver la trésorerie restante.
Pour la CEMAC, ce montant record d’impayés entrave la mise en œuvre des projets d’intégration régionale et des réformes structurelles. Pour rappel, la TCI, instaurée à 1 % sur les importations hors zone, avait pour objectif de garantir l’autonomie financière de la Communauté.
LAE/CBM/WM/AGP











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