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Gabon/Education nationale : pourquoi l’audit du ministère suscite-t-il autant d’inquiétudes ?

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LIBREVILLE, 3 février 2026 (AGP) – À l’issue de nombreux échanges entre le gouvernement et les syndicats de l’Éducation nationale, les deux parties sont parvenues à un protocole d’accord pour sortir de la crise qui secoue le secteur depuis près d’un mois. L’État s’est engagé à répondre favorablement aux revendications des enseignants, mais sous réserve d’audits préalables. Une condition qui suscite des réticences et serait à l’origine du blocage actuellement observé. Décryptage.

Depuis le début du mouvement, le gouvernement a multiplié les annonces afin de préserver l’année scolaire. Il prévoit la mise en pré-salaire de 692 enseignants issus de l’ENIL et de l’ENIF dès la fin du mois de février 2026, la mise en solde de 348 enseignants sortants de l’ENS (dont 288 pour l’ENS, 39 pour l’ENSET et 21 psychologues), ainsi que la régularisation de 4 000 situations administratives sur un total de 6 574 dossiers recensés.

Toutefois, le protocole d’accord précise que la mise en œuvre de ces engagements reste conditionnée à la conduite d’audits portant sur le fichier matricule des enseignants, le système de paiement des vacations et le fichier des ayants droit. Objectif: éliminer les doublons et autres irrégularités.

Selon le gouvernement, ces audits visent à « clarifier » la situation et non à sanctionner. Des sources bien informées révèlent que, le récent paiement des primes de vacation aurait mis en lumière d’importantes incohérences. Pour les examens du baccalauréat, il ressort que 10 millions FCFA seraient alloués à chaque gouverneur de province, 200 millions au ministre de l’Éducation nationale et 600 millions au ministère.

De plus, le fichier ferait apparaître le même nombre d’enseignants mobilisés pour le premier et le deuxième tour des examens, une situation jugée incohérente. Sans oublier, les syndicats qui seraient entretenus par les responsables des administrations. Tout comme le plafond réglementaire de 500 000 FCFA par enseignant aurait été largement dépassé pour certains bénéficiaires privilégiés.

Autant d’éléments que le chef du gouvernement souhaite éclaircir avant de procéder au règlement définitif des revendications.

Face à cette situation, les acteurs opposés à la tenue des audits sont appelés à rendre des comptes afin de sortir de l’impasse qui fragilise durablement l’éducation des apprenants. Le gouvernement est par ailleurs, invité à convoquer, dans les meilleurs délais, une rencontre inclusive réunissant syndicats, parents d’élèves et élèves, en vue d’un dialogue franc susceptible de restaurer la confiance.

TYM/EN/RL/FSS/AGP

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