LOPÉ, 30 novembre 2025 (AGP) – En escale dans le parc national de Lopé-Okanda, la délégation de la Caravane du Transgabonais – composée de représentants de la Setrag, de l’Agence française de développement (AFD), de l’Union européenne (UE) et du ministère de l’Économie et des Finances – a été initiée à la richesse du rite traditionnel Bwete, présenté par le sous-préfet du district de Mokeko, Raphaël Makao, à travers la visite de l’écomusée financé par l’UE, a constaté l’AGP.
Dès l’entrée, une fresque illustrant le cycle de la vie accueille les visiteurs. Le conteur en explique la symbolique : le rouge représente la naissance, le blanc renvoie à la lumière – donc à la vie – et le noir symbolise la mort. L’œuvre présente également un enfant positionné sur les masques des provinces entourant le parc, incarnation des générations futures.
« Les ancêtres sont incarnés par les masques», a expliqué Raphaël Makao, rappelant que la philosophie gabonaise considère qu’« on ne meurt pas, on change de monde », d’où l’expression : « on va retrouver les ancêtres ».
Abordant la question de la transmission, le sous-préfet a ensuite introduit la délégation au cœur du rite Bwete, précisant que « le Biwiti n’existe pas, c’est bien le Bwete ». Il a rappelé que le Gabon compte plus d’une soixantaine de communautés culturelles, faisant de la diversité rituelle une composante majeure du patrimoine national.

Selon lui, le Bwete vise à « puiser la connaissance auprès du divin » au sein de la communauté Membe, qui regroupe les Mitshogo, Simbas, Okandais, Pové, Eviha, Mukota, Apindji et la communauté Babongo. Ce rite se subdivise en sept branches : le Bwete Issumba, le Bwete Ndéa, le Bwete Misôko – lui-même décliné en Nyomba et Ngombè –, le Singuêdia, et une branche entièrement féminine appelée le Mabumdi.
Les instruments utilisés varient selon les branches : l’arc à bouche pour le Bwete Misôko dans l’Ogooué-Ivindo et l’Ogooué-Lolo, et la cithare pour le Bwete Issumba et Ndéa dans la Ngounié. Parallèlement au Bwete et à ses différentes déclinaisons, existe le rite Nyembè, propre à la communauté Membe. «Chez les Omiène – notamment les Mpongwé, Gallois, Orungu, Nkonu, Adjumba et Eninga – c’est le Djembé qui est pratiqué», a poursuivi M. Makao.
Au sein de la communauté Mbê, et plus spécifiquement chez les Okandais, il a souligné l’existence d’un rite exclusivement féminin, destiné à préparer les jeunes femmes aux règles sociales de leur groupe et à la vie maritale.
CM/LKM/FSS/AGP











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