LIBREVILLE, 11 novembre (AGP) – De nouveaux éléments ont été versés au dossier judiciaire concernant l’affaire impliquant Sylvia Bongo Ondimba et Noureddine Bongo Valentin. Ces informations proviennent du témoignage de Kim Oun, ancien collaborateur proche du couple présidentiel, a noté l’Agence gabonaise de presse.
A la barre ce mardi, cet intime collaborateur de l’ancien couple présidentiel gabonais, Kim Oun a révélé que le budget de la campagne présidentielle était d’environ 80 milliards de francs CFA et que son ancienne patronne serait propriétaire de deux puits pétroliers avec son entreprise Fort Africa. Ce dernier occupait un poste d’assistant personnel auprès de l’ex-première dame. Un rôle qu’il décrit comme « entièrement dédié à l’assistance de Sylvia Bongo », sans lien hiérarchique direct avec Noureddine Bongo.
Pour ces différentes tâches, il percevait un salaire mensuel de 2,2 millions de francs CFA et un bonus de 10 millions.
Dans son témoignage, Kim Oun revient notamment sur la période de la campagne présidentielle d’août 2023, dont le budget aurait atteint environ 80 milliards de francs CFA. Il évoque une organisation interne structurée autour de plusieurs proches collaborateurs : Alex Bongo et Abdoul Oceni Ossa pour les opérations, Jessye Ella Ekogha pour la communication, ainsi que Ian Ngoulou et Steve Nzeko Dieko pour la stratégie politique. Marion Scappaticci aurait assuré la coordination générale entre Sylvia et Noureddin Bongo.
Toujours selon ses propos, la gestion du budget de campagne aurait été centralisée par Sylvia et Noureddin Bongo, sans contrôle externe. Kim Oun indique avoir été chargé de certaines missions logistiques, notamment la supervision de l’achat de 100 véhicules, la réception de matériel de campagne et la vérification d’offres de transport aérien, tout en précisant que « toutes les décisions finales relevaient de M. Noureddin Bongo ».
L’ancien collaborateur affirme n’avoir jamais géré les fonds personnels ou politiques de Noureddin Bongo, mais reconnaît avoir administré certaines dépenses privées de Sylvia Bongo, estimées entre trois et quatre millions d’euros par an, couvrant principalement des achats de luxe.
Il décrit également un mécanisme financier parallèle permettant d’effectuer des paiements à l’étranger. Selon lui, des fonds en espèces remis localement auraient été transférés à Dubaï par l’intermédiaire de réseaux informels, avant d’être déposés sur des comptes appartenant à des sociétés , sous la supervision de l’avocat Alain Malek, présenté comme un intermédiaire du couple.
Kim Oun insiste toutefois sur le rôle central de Me Malek dans la gestion de ces opérations, affirmant ne pas avoir pris part aux discussions confidentielles entre ce dernier et l’ex-première dame.
Ce témoignage, désormais joint au dossier judiciaire, apporte un éclairage supplémentaire sur les mécanismes internes présumés de gestion financière et de décision au sein du cercle rapproché de l’ancienne première dame et son fils.
Le procès de Sylvia Bongo Ondimba et de Noureddin Bongo Valentin, poursuivis notamment pour détournement de fonds publics et blanchiment d’argent, se poursuit actuellement devant la justice gabonaise.
SMM/JM/WM/AGP












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