LIBREVILLE, 16 mars 2026 (AGP) – Une réforme foncière annoncée par le gouvernement camerounais ce lundi prévoit d’autoriser les chefs traditionnels de troisième degré, généralement chefs de village, à délivrer des titres fonciers provisoires à partir du 1er avril 2026, une mesure qui alimente déjà un vif débat dans le pays, rapporte l’Agence camerounaise de Presse.
Actée par une lettre circulaire signée le 20 février par le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, cette décision vise à décentraliser la gestion des terres et à renforcer la sécurisation des parcelles occupées par les populations, notamment en milieu rural.
Dans ce cadre, deux documents pourront être délivrés par les autorités traditionnelles : l’Attestation de reconnaissance des droits fonciers coutumiers (ARDFC) et l’Attestation de jouissance paisible des terres (AJPTER). Ces pièces constituent des preuves d’occupation ou d’exploitation d’une parcelle avant l’obtention éventuelle d’un titre foncier définitif.
Pour le gouvernement, cette réforme doit permettre de réduire les conflits fonciers et de mieux reconnaître les droits coutumiers des communautés locales.
Cependant, plusieurs juristes et acteurs de la société civile mettent en garde contre d’éventuelles dérives, évoquant des risques de corruption, d’injustice ou encore d’aggravation des litiges fonciers dans les villages.
Dans un pays où les conflits liés à la terre sont fréquents, la mise en œuvre de cette réforme sera particulièrement scrutée par les populations et les observateurs.
RCEN/JMNB/WM/EN/AGP









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