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GABON MATIN BIENTÔT DE RETOUR DANS LES KIOSQUES. *** GABON MATIN BIENTÔT DE RETOUR DANS LES KIOSQUES *** GABON MATIN BIENTÔT DE RETOUR DANS LES KIOSQUES

 

lundi 11 juin 2018


Haute autorité de la communication/Election des représentants de la presse : le vote de la rupture…



Libreville, 10 juin (AGP) - L’élection des deux derniers membres de la Haute autorité de la communication (HAC) a permis aux journalistes et autres acteurs de la communication appartenant ou non aux associations et syndicats de la corporation, d’envoyer un signal fort marquant la fin de l’instrumentalisation du journaliste. Timothée Boussiengui et Abel Mimongo ont su déjouer les pronostics grâce à un esprit d’éveil et organisationnel, qui témoigne d’une certaine prise de conscience collective.

En portant Timothée Boussiengui et Abel Mimongo à la Haute autorité de la communication, au terme d’une élection âprement discutée, le samedi 9 juin dernier, pour désigner lesquels des deux candidats, sur les 11 en lice, devraient représenter la corporation en qualité de conseillers membres à la HAC, les journalistes et autres acteurs de la communicatiin ont fait le choix de la rupture, sommes- nous tentés de dire, au regard des scénarios et forces d’inerties ayant favorisé le suspense jusqu’à tard dans la nuit.

Si pour certains ce rendez-vous fut l’opportunité de faire le jeu du politique en se positionnant aux fins de déjouer les pronostics et faire le lit aux acteurs peu bien intentionnés quant à la défense des intérêts de la presse au sein de pareille institution, il n’en demeure pas moins que pour d’autres, il s’agissait d’un rendez-vous avec l’histoire. Une histoire avec le métier du journalisme, née à l’orée de la démocratie, précisément dans les années 1990.

Oui, les deux journalistes élus démocratiquement et qui complétent la liste des 9 conseillers membres, en plus des 7 autres dont les noms ont été rendus publics, il y a plus d’une semaine, dans le communiqué final du Conseil des ministres du 31 mai dernier, dont le Président de la HAC, Raphaël Ntoutoume Nkoghe, sont loin d’être les bienvenues d’autant qu’ils sont connus pour leurs positions de journalistes libres, dotés d’un sens élevé de l’objectivisme et plus encore d’un professionnalisme sans conteste qui leur confereraient le statut d’homme intègre dans le corps de métier.

Et, c’est d’ailleurs ces qualités qui ont pesé en leur faveur, des commentaires des électeurs, au-delà de la partition jouée par les associations et syndicats auxquels appartiennent l’essentiel des journalistes et autres acteurs de la communication au Gabon. Les organisations et syndicats de la corporation militent, en effet, en faveur du respect des libertés et de la sécurité des journalistes tout en veillant à ce que les titres de la presse privée, notamment, mutualisent ses efforts en vue de faire face aux réalités politiques et économiques locales. Et la HAC est l’un des lieux indiqués à propos et il n’aurait pas été logique pour ces rares journalistes sérieux de rater le train de l’histoire.

Timothée Boussiengui et Abel Mimongo incarnent les valeurs à même de porter haut le flambeau de la presse, pour ne pas dire de la corporation au niveau de la Haute autorité de la communication, une institution considérée par une certaines personnes comme monocolore et aux décisions peu partiales, en témoignent certaines décisions rendues par l’ancien Conseil national de la communication (CNC). Et ce ne sont pas les 7 membres nommés par les présidents des institutions et dont les états de services, qui sauraient faire la part belle aux médias.

Au Gabon, nombreux sont les journalistes qui sont faits vedettes pour militantisme et obéissance tout azimut, au mépris de l’éthique et la déontologie, bréviaires du professionnel de la communication. Les 8eme et 9eme Conseillers membres connus au terme du scrutin historique, du samedi écoulé, n’ont rien à avoir avec le profil dressé plus haut. Mal compris parfois du fait de leurs positions politiques surtout, ils étaient considérés par certains des leurs, voire en dehors de la presse, comme étant des marginaux, pour peu qu’ils aient été professionnels.

Connus pour leur franc parler, leur rigidité dans l’argumentaire et surtout dotés d’une expertise avérée en matière d’analyses, les spécialistes de la plume que sont Timothée Boussiengui et Abel Mimongo ne sont en rien les amis du pouvoir. Et c’est en cela qu’il s’agit d’une élection libre,transparente et moralisatrice, au- delà des intrigues et autres forces d’inertie, qui témoignent contre toute attente d’une volonté, d’un choix : celui de la rupture.

Les journalistes gabonais ont, en effet, fait bloc, pour dire non aux esprits réfractaires au changement. Il y a comme une prise de conscience collective des acteurs de la corporation, lassés d’une instrumentalisation de la presse voire du journaliste qu’ils n’’auraient pu rester sans réagir, ont indiqué quelques électeurs, satisfaits de l’issue du vote. Pour eux, le vote des deux représentants de la presse à la HAC est un cas d’école. Il ( vote) devrait permettre aux politiques qui s’inscrivent dans les pratiques peu recommandées, en la matière, de comprendre l’importance de rompre définitivement avec ces anciennes pratiques, pour le bien du plan grand nombre.

Aux deux journalistes portés de cœur par les confrères et consoeurs pour les valeurs d’hommes pas familiers aux théories systematiques antipresse, de faire franc jeu durant les 5 années à venir à la Haute autorité de la communication, en regardant de près, sans influences, les chantiers de la réglementation de la presse au Gabon. Car, ce ne serait qu’à ce prix qu’ils gagneraient davantage en crédibilité dans la corporation et espèreraient rempiler pourquoi pas pour un second mandat avec la même onction.

Rappelons que les journalistes cités quittent leurs rédactions respectives par la grande porte. Au premier tour du scrutin portant élection des deux derniers membres de la HAC, trois candidats ont su tirer leur épingle du jeu. Aucune majorité absolue ne s’étant dégagée pour connaître le 8 ème membre. Timothée Boussiengui, Félicienne Nyangono et Abel Mimongo ont respectivement eu, en nombre de voix obtenues, 76, 75 et 71 voix. Au second tour, M. Boussiengui va creuser l’écart face à son adversaire direct, Mme Nyangono, soit 135 voix contre 82. Au premier tour de l’élection du 9 ème membre, Abel Mimongo ne fera qu’une bouchée, son adversaire Célestine Nyangono, 119 voix contre 3, un véritable KO debout infligé à la représentante de la junte féminine.

SM/FSS

 

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