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dimanche 6 mai 2018


Dissolution de l’Assemblée nationale : Mayila dénonce une dérive monarchique



Libreville, 5 Mai (AGP) - Le président de l’Union pour la nouvelle république (UPNR, opposition) a qualifié de dérive monarchique la dissolution de l’Assemblée nationale prononcée par la Cour constitutionnelle, de même que la nomination d’un gouvernement n’étant pas le reflet d’une majorité à la chambre basse du parlement. Il a appelé à la mise en place d’un processus de réconciliation nationale.

Le président de l’Union pour la nouvelle république a vivement critiqué la dissolution de l’Assemblée nationale par la Cour constitutionnelle, s’étonnant qu’un gouvernement issu d’une majorité inexistante puisse tout devoir au seul président de la République. Un constat qui dénote d’une « dérive monarchique », a-t-il soutenu.

Pour Me Louis Gaston Mayila, la Cour constitutionnelle n’est pas dans son rôle. « Aux termes de l’article 19 de notre Constitution : « seul le président de la République peut prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale. Consécutivement à cette décision, les élections générales doivent avoir lieu 30 jours au moins et 45 jours au plus après la publication du décret portant dissolution », a-t-il argumenté.

Une vue de l’esprit, pense l’avocat, qui n’imagine pas la nouvelle équipe gouvernementale capable d’organiser à date ces élections législatives.

Dans sa démonstration, le président de l’UPNR rejette également l’idée que le gouvernement soit sommé par la Cour constitutionnelle de démissionner. Pour lui, l’article 15 de la Constitution est clair : « le président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions, de sa propre initiative ou sur présentation par le Premier ministre de la démission du gouvernement, ou à la suite d’un vote de défiance ou de l’adoption d’une motion de censure par l’Assemblée nationale ».

Il s’est tout aussi dit offusqué par le transfert des compétences de l’Assemblée nationale au Sénat, relevant que les députés et le président de la République sont les seuls à être élus au suffrage universel direct par le peuple, tout le contraire des sénateurs élus par les conseillers municipaux et départementaux. « Dans un État normal, seule l’Assemblée nationale, représentant de la souveraineté devrait cumuler les deux fonctions et non l’inverse ! », a-t-il suggéré.

Dans ce qu’il a qualifié de « crise institutionnelle qui s’accompagne de la construction d’un système monarchique », Me Louis Gaston Mayila estime que l’horizon s’assombrit davantage. Et « il est temps de mettre fin à cette course folle vers ce dessein monarchique », craint-il, car pour lui, le ton employé par la Cour constitutionnel le traduit bien. « Le président de la République ‘’Doit’’ », « le Premier ministre ‘’Doit’’ », « bientôt on entendra le peuple ‘’Doit’’ », s’est dit scandalisé le président de l’UPNR. D’où son interrogation « Avons-nous bien entendu ? ».

En invitant les uns et les autres au ressaisissement, il a estimé « qu’il est plus que jamais temps de mettre en place le processus de réconciliation nationale pour rétablir une nouvelle République », a-t-il conclu.

AMM/FSS

 

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