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lundi 12 mars 2018


50 ans du PDG : de la pensée unique à une divergence d’opinions



LIBREVILLE, 12 Mars (AGP) - Le Parti démocratique gabonais (PDG, parti au pouvoir) qui atteint 50 ans d’existence ce lundi 12 mars 2018, a connu un parcours allant du monopartisme caractérisé par la pensée unique jusqu’à sa démocratisation progressive en interne, sous l’impact de l’avènement du multipartisme et de la tenue de la conférence nationale au Gabon en 1990. Le parti est doté d’une histoire particulière, écrite au prix d’efforts consentis, des compromis, des reformes et alliances politiques en cinq décennies de gouvernance.

Les origines du Parti démocratique gabonais (PDG) remontent aux tout premiers jours de l’indépendance du pays de la France. Au regard de la fragilité du Bloc démocratique gabonais (BDG) créé en 1953 par le premier président gabonais, feu Léon Mba et la division qui avait gagné le pays avec l’existence de plusieurs partis politiques à caractère régionalistes et ethniques, Albert Bernard Bongo, directeur de cabinet du président Léon Mba à l’époque, alors qu’il se trouvait à Okondja dans la province du Haut-Ogooué (au sud-est du Gabon), se confia en 1966 à son aîné Jérôme Okinda, en vue de la création d’un parti qui servirait de cadre pour l’unité des gabonais.

En 1967, Albert Bernard Bongo devient président, et annonce officiellement la création du PDG, le 12 mars 1968 à Koula-Moutou, dans la province de l’Ogooué Lolo, (au sud-est du Gabon). Une création qui se fera avec son compagnon, Jean Stanislas Migolet, personnalité connue et respectée de tous de par sa modération et son haut sens du devoir. La création de ce parti sera aussitôt suivie par la mise en place d’un premier comité de base, sur instruction du président Albert Bernard Bongo, lequel comité sera mis en place par le préfet de l’époque, Jean Arsène Bounguendza, père de l’actuel secrétaire général du parti au pouvoir (Eric Dodo Bounguendza).

Les choses se sont accélérées avec la tenue du premier congrès ordinaire du 31 août au 3 septembre 1970, qui était une sorte de rencontre constitutive du parti. Présidées par un des fondateurs, Jean Stanislas Migolet, ces assises avaient pour objectifs : la structuration des unités et la discipline au sein du parti. Il va s’ensuivre des « adhésions massives » des gabonais qui avaient marre de voir le pays divisé par les partis politiques qui remettaient en cause la cohésion nationale voire l’enracinement du parti.

Albert Bernard Bongo va rendre tous les autres partis politiques illégaux, faisant du PDG, de facto, le parti unique. Une situation qui va durer deux décennies au cours desquelles cette formation politique va prendre de l’ampleur et conforter sa position sur l’échiquier politique national, ce qui explique son hégémonie avec pour crédo : la Rénovation. En plus d’être le seul parti politique à avoir les auxiliaires dans toutes les provinces du Gabon, on note que l’appareil d’Etat est entièrement composé, de fonctionnaires membres du PDG.

En 1990 avec l’avènement de la démocratie et le multipartisme par l’organisation de la conférence nationale, commencent des soubresauts au sein du PDG, avec l’existence de trois courants, à savoir, ‘’les caciques’’ incarnés par le secrétaire administratif à l’époque, Zacharie Myboto, ‘’les appellistes’’ dirigés par Paul Toungui et ‘’les rénovateurs’’ conduits par Ali Bongo Ondimba (actuel président du Gabon) et André Mba Obame.

Avec un nouveau départ après les élections législatives de 1991, le parti est instable avec le vent de la démocratie eu égard à plusieurs départs à l’exemple de celui de Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé qui claqua la porte lors de la conférence nationale, pour se présenter à la prochaine élection présidentielle. Plusieurs candidats concurrents à l’élection présidentielle de 1993 se font enregistrer. Cette élection sera fortement contestée par l’Opposition. Ce qui va conduire aux négociations de Paris entre les deux camps politiques. Ces discussions seront sanctionnées par la signature des « Accords de Paris », et la formation d’un gouvernement de large ouverture aux opposants du régime PDG, en l’occurrence, Paul Mba Abessole, Pierre Claver Maganga Moussavou, Alexandre Sambat, etc.

En 1996, la vie du parti au pouvoir n’est pas un fleuve stable. Malgré sa victoire aux élections locales, elle va perdre plusieurs grandes villes dont la capitale politique qui voit l’élection de l’opposant Paul Mba Abessole à la mairie de Libreville. Toutefois, la formation politique reste la mieux organisée à travers le monde avec notamment des fédérations, des sections et des comités en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique, etc.

Cela va se justifier avec la victoire de son candidat à l’élection présidentielle de 1998 face à Mba Abessole du Rassemblement national des bûcherons et Pierre Mamboundou de l’Union du peuple gabonais (UPG).

Après cette période tumultueuse, le PDG va connaître une phase de stabilité avec le nouveau départ pensé par plusieurs de ses stratèges dont l’ancien ministre de l’Intérieur, feu André Mba Obame. Cette stabilité, favorisée par l’adhésion de plusieurs partis d’Opposition à la majorité présidentielle, sera sanctionnée par la victoire du candidat Omar Bongo Ondimba à sa propre succession, à la présidentielle de 2005.

Il va s’ensuivre des troubles internes en juin 2009, à la suite du décès du président Omar Bongo (8 juin 2009 à Barcelone en Espagne). La contestation venue des anciens barrons du régime, quant au mode de désignation du candidat et successeur du président fondateur du parti au pouvoir. En dépit des dissensions et des contestations, Ali Bongo Ondimba deviendra président de la République gabonaise, au sortir de l’élection anticipée d’août 2009 et par la même occasion, président du parti.

Durant ses premières années passées à la tête du parti, Ali Bongo Ondimba et son parti vont enregistrer des démissions, à l’image de celles de l’ancien secrétaire général du PDG, Jacques Adiahénot, de l’ancien député de la commune de Bitam, au nord du Gabon, René Ndémézo’Obiang et de l’ancien président de la commission de l’Union africaine, Jean Ping.

Avec les contestations et troubles résultants des élections présidentielles de 2016, le PDG est engagé dans une opération de régénération depuis son 11ème congrès tenu en décembre 2017, dans le but de conforter sa position de première force politique du pays, à l’issue des prochaines élections législatives qui pointent à l’horizon.

SM/SN/FSS

 

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